Effet de Levier

Un effet de levier est une forme de prêt qui permet d’emprunter plusieurs fois la mise de départ dans le but de multiplier les gains, mais il peut également multiplier les pertes.

Détails
Lorsque l’on investit en bourse, le plus souvent on fait appel à un courtier qui sert d’intermédiaire entre nous et celle-ci. Celui-ci propose parfois un effet de levier afin de pouvoir gagner plus avec une petite quantité d’argent, ce besoin se fait surtout ressentir sur le marché du forex. En effet, sur ce marché, les taux de changes varient très peu en une journée (parfois même moins de 1%). Imaginons qu’une personne souhaite y investir, il lui faudrait une quantité colossale de monnaie pour enfin avoir un revenu significatif. Pour palier à ce problème, le courtier propose un prêt qui offre la possibilité de multiplier son placement par un nombre que l’on appel le levier. Si par exemple je souhaite investir un euro, qu’on appel la marge, en utilisant un levier 100, cela revient à placer 100 euros dont 99 empruntés. De cette façon, je multiplie mes gains potentiels mais aussi mes pertes, puisqu’une variation de 1% peut soit me faire gagner un euro et me doubler ma mise de départ, soit me faire perdre cet euro.

Si la baisse du cours me ferait perdre plus que la valeur de la marge que j’ai investi, le courtier me proposera d’augmenter ma marge: si je ne le fait pas, alors il revendra mon produit et me prendra ma marge. En reprenant l’exemple ci-dessus, on constate que la marge est de un euro. Dans le cas où le cours diminue de 1% je perdrais un euro. Le courtier me propose donc d’augmenter ma marge faute de quoi je n’aurais pas assez d’argent pour subvenir à une nouvelle diminution, soit j’accepte et je prends le risque de perdre plus de un euro donc plus de 100% de ma mise de départ, soit je m’y refuse et dans se cas je perdrais seulement un euro.

L’effet de levier peut donc s’avérer très rentable mais aussi très coûteux. Il doit donc être utilisé avec parcimonie.

2 comments for “Effet de Levier

  1. Christophe
    2 novembre 2010 at 0h45

    « Donnez-moi un point d’appui et je soulèverai le monde » cette phrase célèbre attribuée à Archiméde, continue de hanter les esprits. Surtout les esprits financiers ? Que nenni !

    Tout un chacun, dans sa vie, a essayé de profiter de l’effet de levier. Avant d’examiner les mécanismes et les conditions dans lesquelles l’effet de levier fonctionne, il est utile de le montrer à l’œuvre jusque dans les univers les moins concernés par les théories économiques et les mathématiques appliqués.

    L’achat immobilier est l’exemple le plus évident et le plus simple de l’opération à effet de levier. En général, ce type d’achat est réalisé à crédit et c’est là, justement, dans cette généralité que se trouve le levier. Si on fait le bilan de l’opération, on a inscrit à l’actif, l’immeuble acquis, l’appartement, le studio, la fermette à la campagne, dont on va supposer qu’il vaut 100 et, au passif, l’épargne consacrée à l’opération, (mettons 20) les fonds propres, ainsi que les prêts bancaires et peut-être un prêt familial pour compléter le tout. Les prêts quel que soit leur nature, s’élèvent à 80. Le levier, c’est le rapport qui existe entre les emprunts et les fonds propres. Dans l’exemple ci-dessus, le levier est de 4 qui dit en langage de tous les jours que l’épargne investie a permis de « lever » quatre fois plus de fonds par le biais de l’emprunt. Cette situation est somme toute classique dans l’univers de l’accession à la propriété, la quotité empruntée est de 80%. En France, où la pratique des prêts à 100% ainsi que les crédits aux ménages NINJNA est très restreinte, c’est une quotité qu’on retrouve fréquemment.

    Il y a dans la « nature économique » bien d’autres leviers. Les banques par exemple, quelque soit leur activité, banques d’investissement ou banques de dépôts, sont par définition des entreprises qui ont fait du levier un mode normal et nécessaire de fonctionnement. Que serait une banque sans levier ? Ce serait une banque dont tous les prêts, qu’ils soient longs ou qu’ils soient courts, qu’ils s’agissent de prises de participation ou qu’il s’agisse de financement de machines seraient financé sur les capitaux apportés par les actionnaires, les capitaux propres. Autant dire qu’il n’y aurait pas beaucoup d’activité de crédit dans tous les pays du monde. Le levier est à l’origine même de l’activité bancaire. Les prêts qui permettent aux banques de faire levier sont… les dépôts des clients ou les prêts des autres établissements financiers et bancaires… lesquels ont reçu des dépôts de leurs clients et ne les ont pas intégralement utilisés sous forme de prêts.

    Dans ces conditions, la formule d’Archimède est-elle pertinente, au moins pour les banques ? Donnez-moi 100 de dépôts, sachant que, moi banquier, je me contente d’apporter des capitaux à hauteur de 1 ! Le levier est alors de 100 ! Et si le banquier n’apportait rien ? Le levier serait infini !!!! Archimède, nous voilà !

    Il n’y a donc pas de limites ? Elles tiennent à l’effet de levier. L’acquéreur d’un appartement, ou autre bien immobilier est d’autant plus confiant dans son opération qu’il estime que, non seulement à la fin du crédit il disposera d’un actif en pleine propriété, mais aussi qu’il aura gagné quelque chose. S’il a habité cet appartement, il aura gagné sa valeur d’usage, mais aussi, peut-être, celui-ci aura-t-il pris de la valeur? Accordons-lui ce plaisir et proclamons que, au bout de 10 ans, cet appartement vaut 200. Ainsi, son profit s’élève-t-il à 100, il a doublé la valeur de son investissement. Or, il n’avait apporté que 20 en prélevant sur son épargne. Donc, CQFD, l’effet de levier primaire est de 5. Bien sûr, la plupart des acquéreurs de biens immobiliers n’y pensent pas…. quoique… l’idée que ce bien immobilier ne sera pas mal « pour la fin de leurs jours », « pour un complément de retraite » est souvent présente. Et qui serait insensible à cette idée simple « mes 20 vont faire 100 ». On aura beau dire et répéter que pour Aristote, « l’argent ne fait pas de petits », ce genre de rendement frappe les esprits.

    Donc, dans les effets de levier il n’y aurait que du bon ! Hélas ! ici, dans le domaine économique, ce qui est très bon lorsque les choses se déroulent bien peut devenir très mauvais lorsqu’elles vont en sens inverse. Plus un levier est élevé, plus les chances de gains le sont… mais aussi les effets négatifs, les risques de pertes !

    Voudrait-on doucher l’optimiste de l’acquéreur d’appartement ? Imaginons que le marché immobilier s’est effondré et que son appartement ne vaut plus que 50. Donc il a perdu 50, c’est à dire 2,5 fois les fonds investis ! Merci l’effet de levier ! Ce n’est pas une vue de l’esprit. Il y a eu pire, aux USA en Grande –Bretagne, où des ménages se sont réveillés avec une épargne vaporisée et des dettes qui excédaient la valeur de leurs biens immobiliers. Aux USA, les conséquences sont maintenant connues: faillites de banques, catastrophe des prêts au NINJNA et crise bancaire et financière.

    Les Banques US et d’autres dans l’univers Anglo-saxons, n’y avaient pas été de mains mortes en matière de recherche d’effet de levier. Mais aussi, et surtout, lorsque les actifs financés sont de mauvaise qualité ou dangereux ou très risqués, les conséquences négatives de l’effet de levier prennent des allures cataclysmiques. La faillite (évitée par la nationalisation) de la Banque allemande Hyporeal trouve sa source dans un levier appliqué à des produits « subprime » américain. La qualité douteuse de ces produits financiers a changé l’effet de levier en retour de bâton ! Faut-il donner des sueurs froides avec cette affaire de levier ? Rappelons que les banques font levier sur les dépôts de leurs clients… un effet de levier qui tourne mal, fait évidemment du mal à leurs fonds propres… mais, dans l’exemple cité plus haut, il ne s’agit que de 1% des prêts consentis. Le reste s’applique aux déposants !!!

    Ce n’est évidemment pas tolérable. Les pouvoirs publics de tous les pays ont été régulièrement confrontés à cette problématique. Ils exigent que les banques disposent de fonds propres minimum, mais aussi, ils ont édicté des normes imposant un levier maximum entre les opérations des banques et leurs fonds propres. Ces normes, qu’elles s’appellent Ratio Cook ou normes IFRS, ont été actées à l’occasion de plusieurs accords internationaux dont les accords ce Bâle. Les règles en matière d’effet de levier se sont progressivement durcies. Les obligations des Banques ont été renforcées. Les limitations sur le levier sont d’autant plus drastiques que les opérations sont risquées.

    L’idée c’est de garder la dynamique bancaire sous contrôle, et surtout, les conséquences des effets de levier négatifs.

  2. Trader du web
    11 décembre 2014 at 15h41

    Merci pour cette bonne définition de l’effet de levier.

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