Condor

Un condor est une combinaison d’options qui permet de spéculer sur la stabilité du prix d’un sous-jacent. En effet, nous avons vu que la vente d’un strangle permettait de spéculer sur la stabilité du sous-jacent, cependant les pertes sont illimités, alors qu’un achat de ce produit permet de spéculer sur la volatilité avec pertes limités. C’est ce qui a conduit les spéculateurs vers la création de la stratégie condor. Comme chaque avantage à un coût le condor génère des gains moins élevés que la vente d’un strangle.

Détails
Ce produit financier est la combinaison de l’achat d’un strangle et de la vente d’un autre strangle, de même échéance sur un même sous-jacent, mais de prix d’exercice différents. Le premier strangle aura des prix d’exercices légèrement en dehors de la monnaie et sera vendu, le second sera acheté et aura souvent des prix d’exercices bien en dehors de la monnaie. Ainsi la perte occasionnée à cause du premier strangle dans le cas d’une variation du cours du sous-jacent, sera compensée par le gain d’un second strangle. Ainsi, l’acheteur de ce produit dont on dira qu’il est « long condor », verra ses pertes d’argent limitées.

Cette constance de la perte maximale s’explique par le fait que la valeur d’un strangle est égale à celle d’un autre strangle de prix d’exercices différents lorsqu’on se situe au-delà des prix d’exercices de ces deux produits. En effet, puisqu’on achète et on vend 2 calls et 2 put portant sur le même sous-jacent (seul le prix d’exercice diffère), la variation de prix d’une option que l’on vend sera compensée par la variation de prix de l’option que l’on achète. Le profit est limité à celui d’un premier strangle (celui qu’on vend) moins le prix d’un strangle compensant les pertes (celui qu’on achète).

Afin de mieux comprendre le fonctionnement d’un condor, prenons un exemple simple portant sur une action valant 100 euros au moment où on commence à investir. Anticipant la stabilité du cours de mon action je commence à vendre un strangle (à découvert si besoin) qui est en dehors de la monnaie. Donc un call de prix d’exercice supérieur à 100 euros (admettons 110 euros) et un put de prix d’exercice inférieur à 100 euros (admettons 90 euros). Valant chacun 2 euros ce qui me rapporte 4 euros. Je m’aperçois que si volatilité il y aura, je risquerais de perdre beaucoup, n’étant pas sûre de mon anticipation je décide d’acheter un autre strangle. J’achète donc deux options call et put plus en dehors de la monnaie que les deux précédentes, donc moins chère que, ils me coûteront donc au total moins de 4 euros, admettons que leur prix d’exercice soit de 70 euros pour le call et 130 euros pour le put, leur valeur intrinsèque est donc nulle. On admettra que le prix total de ces deux options soit de 2 euros (la valeur temps n’étant jamais nulle). Mon gain potentiel est donc de 4 euros et mes pertes se limitent à la prime de mes calls, soit 2 euro en plus de l’écart que je perdrais avant l’activation de mon second strangle soit 10 euros, au total je perdrais donc 12 euros. Bien que les gains soit plus faibles pour des pertes comparables au butterfly, il est à prendre en compte que l’intervalle sur lequel nous sommes gagnants est beaucoup plus important.

On dit qu’un vendeur de condor qu’il est « short condor ». L’opération, produit l’effet inverse les pertes sont donc limitées et les gains aussi, cette fois-ci le spéculateur anticipe une forte volatilité du sous-jacent. Par rapport à un strangle, les gains sont peut être limités mais cela se compense par un investissement de départ plus faible.

Dans les deux cas on a le libre choix de le paramétrer, on peut le resserrer, dans ce cas on accroit sont potentiel de gains mais on a moins de chances qu’il se réalise. On peut l’élargir de manière à s’assurer de gagner un peu même si le sous-jacent s’écarte de la valeur sur laquelle on a parié la stabilité.

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