Silvio Berlusconi, la France et les USA mènent la barque

Cours 1 EUR = 1.354 USD

Le taux spot EUR/USD est actuellement de 1.354$. L’euro avait pris de la valeur durant la fin de semaine dernière, dépassant la barre des 1.375$ lors de la fermeture du marché vendredi soir. Depuis lundi matin, la tendance est nettement à la baisse, le taux semble se stabiliser depuis ce matin autour de 1.355$.

Actualités
La principale actualité du début de semaine a été la démission officielle de Silvio Berlusconi, président de Conseil, et son remplacement par Mario Monti, économiste et ancien commissaire européen, qui devrait s’effectuer ce mercredi.

Une autre information est la forte hausse des taux d’intérêt à long terme des pays européens. L’Espagne a émis des obligations d’état dans la journée de mardi, mais elle n’a récupéré que 3.15 Mds€ sur les 3.5Mds€ escomptés et cela à un taux supérieur à 5%. Les taux à long terme de la France sont montés à 3.7% et ceux de l’Italie sont repassés au-dessus des 7%.

Du côté des indicateurs économique, le PIB de la France a été publié plus haut que prévu à 0.40% contre -0.10% le trimestre précédent, celui de l’Allemagne augmente également passant de 0.30% à 0.50%. Malgré cela, le climat de confiance des investisseurs allemands, mesuré par le ZEW, a continué de baisser allant de -48.3 à -55.2. La balance commerciale de la zone euro est redevenu excédentaire à 2.1Mds contre -1.2Mds précédemment. La production industrielle de la zone a reculé, elle passe de 1.4% à -2% pour le mois d’octobre. Le PIB de la zone reste stable à 0.20%.

Aux États-Unis, les ventes aux détails ont été meilleures qu’attendues mais en baisse passant de 1.1% à 0.5% mais les ventes au détail hors automobile ont connu une progression, allant de 0.40% à 0.60%, alors qu’une baisse était attendue.

Macroéconomie
En fin de semaine dernière l’euro profitait d’un regain de confiance des investisseurs en la zone euro suite à l’annonce du changement de gouvernement en Grèce et en Italie, avec les démissions de George Papandréou et de Silvio Berlusconi. L’annonce du remplacement du chef du Conseil Italien par Mario Monti, un économiste reconnu, a continué de rassurer les marchés ce lundi.

Mais cette embellie n’a été que de courte durée. Le risque de crise en Italie est toujours présent et menace d’autres pays. La France, la Belgique et l’Espagne ont vu leur taux d’intérêt à long terme augmenter fortement, creusant l’écart avec l’Allemagne. La crise qui touchait dans un premier temps les pays « périphériques », comme l’Irlande, le Portugal et la Grèce, se rapproche du centre de la zone euro avec la France et la Belgique. L’Italie se situe entre les deux, mais est la troisième puissance économique de la zone.

Les ventes américaines au détail, hors automobile, en augmentation ont également profité à la hausse du dollar face à l’euro.

Risque
Les taux d’intérêt de la zone euro pour les marchés obligataires augmentent fortement pour la plupart des pays, mis à part l’Allemagne. Cela pourrait entraîner une forte instabilité dans la zone, en effet des taux d’intérêt à long terme ne sont pas soutenables. L’euro pourrait donc perdre de la valeur à court terme.

De plus, la France a de plus en plus de probabilité de perdre sa note AAA, ce qui conduirait également à une hausse des taux d’intérêt.

Agenda de la semaine
La fin de semaine s’annonce politique, le nouveau président de Conseil italien doit prendre ses fonctions ce mercredi. Les cambistes suivront de près la composition du nouveau gouvernement ainsi que celui en Grèce mené par Lucas Papademos. La capacité de ses pays à sortir de la crise dépend de ces gouvernements et des mesures mises en place.

En Espagne, des élections parlementaires sont prévues ce dimanche. D’ici là, une nouvelle émission d’obligations aura lieu jeudi à hauteur de 3 à 4 Mds€. Le taux devrait encore être au-dessus de 5%.

Aux États-Unis, l’indice des prix à la consommation (IPC) est attendu cet après midi en baisse, passant de 0.30% le mois dernier à 0% ; l’IPC hors alimentation et énergie devrait rester stable à 0.10%.

Dans la journée de jeudi, les chiffres du chômage américain sont attendus, les nouvelles demandes devraient rester sous la barre des 400K et les demandes permanentes à 3600K. Le chiffre des permis de construire émis est attendu stable à 0.60M.

Conclusion
La crise économique qui sévit l’Europe depuis des mois se transforme en crise politique entraînant les remaniements des gouvernements et de leur chef en Italie et en Grèce. Cette semaine ce sont les taux à long terme des pays qui inquiètent les investisseurs.

L’euro devrait continuer à perdre de la valeur dans les prochains jours du fait de l’instabilité sur les marchés obligataires.

Colin Rousselot

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