Un plan d’aide qui ne rassure pas

Cours 1 EUR = 1.247 USD

Le taux spot EUR/USD est actuellement de 1.247 $. L’euro a repris de la valeur en début de semaine dernière, atteignant 1.258 $ mercredi. Depuis, la tendance est globalement baissière.

Actualités
Durant le week-end, un plan d’aide au secteur bancaire espagnol a été adopté. D’un montant qui pourrait atteindre 100 milliards d’euros, il est bien supérieur à l’annonce du FMI (40 à 80 milliards), mais il reste inférieur au niveau de spéculation immobilière dans le pays estimé à 184 milliards. Cette aide serait injectée dans un fonds public d’aide au secteur bancaire (Frob) espagnol, qui le distribuerait ensuite aux banques dans le besoin.

Lundi, l’agence de notation Fitch a abaissé la note de deux grandes banques espagnoles, BBVA et Santander, de deux crans à BBB+. La semaine dernière, la même agence avait abaissé la note de l’Espagne de A à BBB. Fitch se justifie en déclarant que l’Espagne devrait rester en récession en 2012 et en 2013 et qu’il est exceptionnel pour des banques d’être notées au-dessus de la note de leur pays d’origine.
L’Italie est également menacée, ces taux d’emprunt à 10 ans sont montés au-dessus de la barre des 6 % lundi. Le pays a actuellement une dette s’élevant à 1900 milliards d’euros, soit 120 % du PIB. Le taux espagnol monte, quant à lui, au-dessus à 6.52 %.

Du côté des indicateurs, le PIB italien du premier trimestre recul de 1.4 % contre 1.3 % précédemment. En France, la masse salariale a augmenté de 0.1 % au mois de mai, pour le deuxième mois de suite.

Macroéconomie
L’euro a rapidement pris de la valeur à l’ouverture du marché lundi, suite à l’annonce d’un plan d’aide au secteur bancaire espagnol. Mais cette tendance s’est rapidement retournée du fait de nombreuses interrogations sur cette aide. De plus, cela alourdira davantage la dette espagnole actuellement à près de 80 % de son PIB. L’Espagne devient donc le quatrième pays de la zone à recevoir une aide extérieure après l’Irlande, le Portugal et la Grèce.

L’abaissement de la note souveraine et des notes des banques espagnoles traduit la situation d’instabilité de l’Espagne. En effet, le secteur bancaire est en passe d’être soutenu mais la crise s’étend à l’économie toute entière. Le chômage, le PIB et autres indicateurs macroéconomiques sont dans le rouge.

D’autres pays inquiètent la zone euro et empêchent une reprise de l’euro. La Grèce, dans laquelle des élections législatives doivent se dérouler dimanche prochain, fait face à une crise politique en plus de la crise économique et de la dette. Une arrivée au pouvoir de l’extrême gauche pourrait entraîner une sortie de la zone euro du pays. De plus, cette situation conduit à des difficultés de financement des autres pays de la zone euro, comme l’Italie qui voit ses taux à 10 ans passer au-dessus des 6 %. Le taux de croissance de l’Italie continue de reculer, le pays s’enfonce dans la récession et dans une spirale déflationniste. En effet, les politiques d’austérité menées par le gouvernement ont entraîné une baisse des dépenses des ménages, il y a donc une baisse de la demande, de la production, une hausse du chômage et un nouveau recul de la consommation.

Risque
Deux élections importantes se tiennent en Europe dimanche prochain. En France la gauche devrait confirmer l’élection présidentielle en remportant les élections législatives. En revanche, en Grèce, l’issue de l’élection est incertaine. Les partis extrêmes opposés à l’austérité ont fait un haut score lors des dernières élections. En cas de victoire du parti d’extrême gauche, une sortie de la zone euro serait possible.

L’euro connaîtra donc des variations en début de semaine prochaine.

Agenda de la semaine
En plus des élections en Europe, les investisseurs suivront l’indice des prix à l’importation et la situation mensuelle du Budget aux États-Unis publiés ce mardi. Les deux devraient être en repli par rapport au mois dernier.

Mercredi, l’indice des prix à la consommation en France (+0.1 point à 0.2 %) et en Allemagne (stable à 1.9 %) seront publiés. La production industrielle de la zone devrait reculer passant de -0.3 % à -1 %. Aux États-Unis, les cambistes attendront les ventes au détail et l’indice des prix à la production qui devraient également reculer. Enfin jeudi, les chiffres hebdomadaires du chômage américain seront annoncés.

Conclusion
L’annonce d’un plan d’aide au système bancaire espagnol, n’a pas permis de rassurer les marchés très longtemps, la situation est toujours très instable dans ce pays mais également en Grèce et en Italie. Des détails sur ce plan et les résultats des prochaines élections grecques sont attendus.
L’euro devrait poursuivre sa tendance baissière des derniers jours et s’approcher des 1.23 $.

Colin Rousselot

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