L’inflation est-elle là pour perdurer ? Deux scénarios envisagés

Les marchés sont dans le rouge actuellement et cela est dû aux perspectives d’inflation qui se profilent à l’horizon. Quand certains sont convaincus que ce phénomène sera passager, d’autres soutiennent que ce n’est que les prémices d’une inflation structurelle; celle-ci pourrait alors se maintenir à un niveau beaucoup plus élevé, en comparaison de ce que l’économie a connu au cours des dix dernières années.

L’inflation est la hausse durable, du prix des biens et des services, impactant directement l’économie. Cette situation s’observe au niveau des consommateurs qui subissent une baisse de leur pouvoir d’achat. En 2021, la question est de savoir si cette hausse des prix sera temporaire ou au contraire permanente ? Pour cela deux courants d’idées s’affrontent.

Premier scénario : une inflation à court-terme

Soutenu par le Président de la Fed, Jérôme Powell, et la Présidente du Trésor Américain, Janet Yellen, le premier scénario est que l’inflation serait de courte durée. Ces deux figures d’autorité ponctuent cette affirmation par le fait que l’économie est en plein redémarrage. Après un fort ralentissement causé par la pandémie, la relance de l’activité économique est de procéder à des injections massives de liquidités. Suite au plan de relance mené par le gouvernement Biden, de façon à stimuler l’activité, des chèques d’un montant de 1400 dollars ont été distribués aux adultes et aux enfants entrant dans la tranche des citoyens gagnant, par an, moins de 75 000 dollars par personne ou 150 000 dollars par couple.

Cette situation amène les ménages à consommer et les entreprises à augmenter leur production et ainsi, à embaucher plus de personnels. Toutefois cette relance, en injectant des liquidités importantes, entraîne des dysfonctionnements sur biens des plans. L’augmentation de la demande de produits manufacturés induit, en retour, une offre nettement inférieure aux commandes; notamment, la sollicitation des fournisseurs en matières premières ne peut subvenir aux attentes des entreprises. Cette carence, observée au niveau de l’offre, participe à la hausse des prix.

Partant de ce constat, Yellen et Powell affirment que l’inflation sera temporaire, puisque cette hausse de prix est due à la reprise et qu’elle s’estompera dans les mois à venir. Cela s’expliquerait à la lecture des données de l’IPC, Indice des Prix à la Consommation, qui se base sur des indices établis en 2020 et qui sembleraient très élevés; en comparant 2020 et 2021, on distingue une différence notable en raison des prix bas engendrés par la crise du COVID-19. Enfin, la Réserve Fédérale Américaine et le Trésor Américain soutiennent que les chaînes d’approvisionnement se réguleront et que les prix se stabiliseront.

Deuxième scénario : vers une inflation à durée indéterminée

Le camp opposé augure que l’économie est déjà fortement affectée par des hausses importantes de prix et que l’inflation est déjà en train de sévir. Les experts annoncent que si aucune action n’est prise, l’inflation pourrait perdurer. Les arguments avancés se basent sur les hausses du prix des matières premières. Depuis janvier 2021, on observe une hausse du pétrole de 33%, du bois de 86%, des céréales dont le maïs de 54%, du blé et du riz de 15% et de 13% ou encore du cuivre de 34%, du fer, de l’aluminium et de l’acier de 30%. Ces augmentations sont autant de signaux qui laissent présager que ce n’est que le début de la hausse; celle-ci finira, tôt ou tard, par contaminer l’économie entière et par entraîner une augmentation des prix des biens de consommation courante. De même les prix des actifs, dont les biens immobiliers et les crypto monnaies, ont connu une forte hausse.

Pour ce mois d’Avril 2021, l’inflation affiche un taux record de 3,4% depuis 2013. L’ancien secrétaire au trésor américain, Larry Summer, annonçait même que les mesures fiscales et monétaires actuelles, menées par le gouvernement Biden, seraient une réplique de l’inflation des années 60 et 70. De ce fait, l’injection de milliards de dollars de liquidités, octroyée aux américains pour relancer la consommation, a bien une conséquence directe sur la hausse des prix actuelle et en aura une dans l’avenir. Et, de plus, d’ajouter que la Fed, dès maintenant, devrait elle aussi commencer à prendre des mesures, notamment en réduisant ses achats d’obligations et en augmentant les taux d’intérêt. Ces dispositions pourraient contribuer à freiner l’inflation ainsi que les prix haussiers des actifs.

A ce jour, il est difficile de pencher vers un scénario plutôt qu’un autre… L’alerte est lancée et chaque partie ne pourra qu’assumer les responsabilités qui leur sont respectivement allouées. A suivre.

Source: image mise en avant © Aidan Bartos, Unsplash

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