L’euro poursuit sa hausse, le marché rassuré sur la Grèce

Recommandation : Vente de l’euro
Taux Spot : EUR/USD
Cours au 05/12/2012 : 1 EUR = 1.3110 USD

L’euro poursuit sa tendance haussière entamée le 13 novembre dernier, la monnaie unique valait alors 1.27 $, elle a pris plus de quatre dollars en trois semaines et est désormais à son plus haut niveau depuis le 17 octobre.

Actualités

Lundi et mardi, les ministres des finances de la zone euro se sont réunis concernant la situation de la Grèce. Ils ont accordé un recul de deux ans des échéances du pays pour réaliser son ajustement budgétaire, confirmant ainsi la décision prise au niveau de la zone euro et des autres créanciers publics du pays. En revanche, les ministres n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur un mécanisme unique de supervision bancaire pour la zone euro, et se retrouveront le 12 décembre pour tenter d’aboutir. Athènes a par la suite lancé une opération de rachat d’une partie de sa dette.
Des rumeurs ont circulé mardi que l’agence de notation Moody’s pourrait dévaluer dans les prochaines semaines les notes de l’Allemagne, des Pays-Bas et du Luxembourg.
En Espagne, une aide de 37 milliards d’euros sera versée aux banques en difficultés le 12 décembre prochain. Les quatre banques nationalisées (Bankia, Novagalicia, CatalunyaCaixa et Banco de Valencia) devraient donc recevoir prochainement cette aide du Mécanisme Européen de stabilité (MES).
Du côté américain, les incertitudes sur le budget du pays se poursuivent, alors que les républicains et démocrates poursuivent leurs négociations afin d’éviter le « mur budgétaire ». Cette baisse des dépenses publiques combinées avec une hausse des impôts entraînerait l’économie du pays en récession.
Le chômage espagnol a augmenté moins fortement qu’attendu au mois de novembre (74 K contre 128 K). Les indices italien et français de production manufacturière reculent légèrement alors que l’indice allemand reste stable à 46.8. L’indice de fabrication ISM américain recul lui de deux points à 49.5. Les taux d’emprunt à dix ans de l’Italie et de l’Espagne continuent leur baisse à respectivement 4.42 % et 5.29 %.

Macroéconomie

Les cambistes sont actuellement dans une phase d’optimisme concernant la situation européenne et de défaillance concernant les États-Unis. Les responsables politiques américains peinent à trouver un accord concernant le budget, ce qui fait perdre au dollar son statut de valeur refuge. En cas de non accord avant la fin de l’année, les mesures mises en place en janvier pourraient entrainer une baisse de deux points de croissance, les cambistes ne peuvent imaginer qu’aucun accord ne sera trouvé d’ici là.
En Europe après le BCE, le FMI et l’union européenne, c’est maintenant au tour de l’Eurogroupe, regroupant les ministres des finances de la zone euro, d’accorder un recul dans les obligations de la Grèce. Le pays peut ensuite lancer une opération de rachat de sa dette. Les détails de l’opération restent secrets et seront dévoilés le 13 décembre pour éviter des spéculations en tout genre sur ses obligations notamment.
L’euro est donc porté par une baisse du dollar et par une confiance des investisseurs dans la zone euro. L’Espagne a affiché de bons chiffres ses derniers jours et l’aide au secteur bancaire par le MES a été bien perçu par les marchés. La rumeur d’une baisse de la note de certains pays européen n’a pas été prise au sérieux, ni altéré la confiance.

Risque

La tendance haussière se confirme ces derniers jours, et l’euro approche de son plus haut niveau depuis le mois d’octobre. Ce plafond pourrait être le point de retournement de la paire de devises. En effet, les cambistes semblent être dans une euphorie qui entraîne une surestimation de l’euro par rapport à sa « vraie valeur ». Un accord outre-Atlantique, une suite de mauvais indicateurs en Europe ou un désaccord des dirigeants pourrait ramener les investisseurs à la normale.

Agenda de la semaine

Les investisseurs vont suivre jeudi la réunion de la BCE. Cette dernière ne devrait pas abaisser ses taux directeurs en dépit de la stagnation de l’économie de la zone euro et de la baisse des pressions inflationnistes.
Aux États-Unis, le taux d’emploi non agricole et les coûts salariaux unitaires devraient être annoncés en baisse pour le mois de décembre, alors que la productivité non agricole devrait augmenter. Les chiffres du chômage hebdomadaires sont attendus en baisse avec 380 K nouvelles demandes (- 13 K) et 3275 K demandes permanentes (- 12 K).

Conclusion

L’euro poursuit sa hausse face au dollar du fait de la difficulté de trouver un accord aux États-Unis et d’un regain de confiance concernant la zone euro. Des accords ont été trouvés pour la situation économique de la Grèce et une aide devrait être accordée prochainement au secteur bancaire espagnol.
La situation devrait toutefois rapidement se retourner avec une baisse de la monnaie unique actuellement surévaluée. Le conseil est donc à la vente de l’euro avec un objectif de moyen terme.

Colin Rousselot

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