La Grèce rassure, l’Espagne inquiète

Cours 1 EUR = 1.258 USD

Le taux spot EUR/USD est actuellement de 1.258 $. Après avoir fortement perdu de la valeur au cours de la semaine dernière, l’euro repart à la hausse en ce lundi de pentecôte et de Memorial Day aux États-Unis. En effet, l’euro valait plus de 1.28 $ lundi dernier et plus de 1.325 $ au début du mois de mai.

Actualités

Plusieurs sondages ont été publiés ce dimanche en Grèce concernant les prochaines élections législatives du 17 juin prochain. Le parti Nouvelle-Démocratie (ND) de la droite conservatrice arriverait en tête des élections, mais ne parviendrai pas à avoir une majorité absolue. La gauche radicale représentée par Syriza serait en deuxième position devant le parti socialiste Pasok.
Le cours de la banque espagnole Bankia a perdu plus de 20 % ce lundi matin. Vendredi dernier, le titre avait été suspendu avant le conseil d’administration de la banque. Bankia, qui est en passe d’être nationalisé, a demandé une aide publique de 19 milliards d’euros en plus des 4.5 milliards déjà annoncés le 9 mai dernier. Dans le même temps, les rendements des obligations espagnoles à dix ans atteignent 6.432 % créant un record depuis la création de l’euro avec les Bunds allemands : 505 points de base d’écart.
Du côté des indicateurs, le sentiment des consommateurs américains augmente de 1.5 point atteignant 79.3. Celui des allemands reste stable à 5.7. L’indice des prix à la production en Espagne et les ventes au détail en Italie connaissent un recul.

Macroéconomie

L’arrivée en tête des sondages du parti Nouvelle-Démocratie, favorable aux mesures d’austérité, en Grèce rassure les marchés. Il est crédité de 25 % d’intention de vote contre 18.8% le 6 mai. Le parti de la gauche radicale, arrivé deuxième des dernières élections avec près de 17 % des voix, est opposé aux mesures d’austérité et empêche la formation d’un gouvernement.
Les partis les plus extrêmes et opposés à la rigueur connaissent un recul des intentions de vote au profit des partis plus traditionnels.
La banque espagnole Bankia a annoncé une perte de 2.8 milliards d’euros pour 2011 et sa maison mère BFA (Banco Financiero y de Ahorros) devrait également publier un large déficit ce lundi. L’Espagne pourrait recapitaliser Bankia par des titres de la dette souveraine échangés contre des titres de la banque.
Vendredi dernier, l’agence de notation Standard & Poor’s a dégradé la note de cinq banques espagnoles dont Bankia. Et l’agence Egan-Jones a abaissé la note du pays de deux crans de B+ à BB-.
La situation en Espagne se complique avec des taux qui continuent de monter et un écart avec l’Allemagne qui se creuse. Alors que les taux français à 10 ans se réduisent progressivement et ont atteint un plus bas historique à 2.414 %.

Risque

L’agence de notation Moody’s a décidé de maintenir sa note de triple A pour la France et les taux de cette dernière sont au plus bas. L’arrivée des socialistes au pouvoir n’a donc pas effrayé les marchés.
En revanche, la gauche radicale grecque, contre l’austérité et en faveur d’une sortie de l’euro, inquiète les cambistes. Les sondages publiés dimanche voyant la droite en tête des prochaines élections les rassurent quelque peu, mais la situation pourrait évoluer d’ici au 17 juin.

Agenda de la semaine

Les fluctuations devraient être faibles ce lundi en raison de la pentecôte dans plusieurs pays ainsi que du Memorial Day américain. Wall Street sera fermé toute la journée alors que la Bourse de Paris restera ouverte.
Une émission obligataire est attendue en Italie. Mardi, la confiance des consommateurs américains sera annoncée et l’indice des prix à la consommation en Allemagne devrait reculer légèrement.
Les cambistes suivront les discours du président de la BCE et celui du Comité fédéral des marchés (FOMC) aux États-Unis ce mercredi.
Jeudi, les regards se tourneront vers les États-Unis qui doivent publier les chiffres du chômage, ceux de l’enquête emploi ADP et l’estimation du PIB du premier trimestre.

Conclusion

L’Europe est toujours au centre des attentions avec notamment les deux pays les plus affaiblis : la Grèce et l’Espagne. Bien qu’une sortie de l’euro pour la Grèce semble s’éloigner avec la formation d’un nouveau gouvernement après les élections de 17 juin, ce pays reste surveillé par les investisseurs.
En Espagne, la situation bancaire est inquiétante, les dégradations de la note de certaines banques et la nationalisation ne rassure pas les marchés.
En ce début de semaine, l’euro repart néanmoins à la hausse mais peine à dépasser les 1.26 $. La tendance pourrait rapidement se retourner en cas de mauvaises nouvelles du côté de la Grèce. Dans les prochains jours, l’euro devrait rester autour de sa valeur actuelle en attendant les discours de la BCE et du FOMC et les chiffres américains de jeudi.

Colin ROUSSELOT

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