L’Euro profite des bons chiffres de l’emploi américain

Recommandation : Vente de l’euro (moyen terme)
Taux Spot : EUR/USD
Cours au 06/08/12 : 1 EUR = 1.2349 USD

En début de semaine dernière, l’Euro a perdu de la valeur retombant sous la barre des 1.22 $, il est ensuite fortement remonté dans la journée de vendredi pour clôturer à 1.2388 $. La tendance est légèrement baissière en ce début de semaine.

Actualités

En milieu de semaine dernière, la Fed n’a pas annoncé de nouvelles mesures d’aide à l’économie, ni même de signaux allant en ce sens. Le lendemain, c’est au tour de la BCE de décevoir les cambistes, en maintenant le taux d’intérêt directeur inchangé à 0.75 % et en ne faisant pas d’annonce concernant des mesures d’assouplissement budgétaire. Mario Draghi, président de la BCE, avait pourtant annoncé que la BCE pourrait intervenir sur le marché des obligations, ce qui a fait naître les attentes.
Les banques centrales restent dans l’inaction cette semaine, ce qui tend les taux de rendement des obligations italiennes et espagnoles. Le taux italien est remonté à 6.33 % et le taux espagnol à 7.17 %.
Le marché des devises a été apaisé en fin de semaine avec la publication des chiffres de l’emploi aux États-Unis, pour le mois de juillet. Le nombre de personnes employées, hors industrie agricole, a progressé de 163 000 au mois de juillet alors qu’une hausse de seulement 100 000 était attendue. Les embauches dans le secteur privé ont été encore plus importantes à 172 000 contre 110 000 attendus. Malgré cela, le taux de chômage prend tout de même 0.1 point à 8.3 %.
L’indice PMI du secteur des services a été publié vendredi en hausse à 52.6 (+0.6) alors que les cambistes prévoyaient une baisse.

Macroéconomie

La Fed a indiqué que le taux d’intérêt directeur resterait proche de 0 % pendant encore au mois deux ans, elle a également prolongé son programme d’échange d’obligations, appelée « opération twist ». Mais elle n’a annoncé aucune mesure concernant un nouvel assouplissement quantitatif, ce qui a déçu les cambistes qui avaient d’ors et déjà anticipé cette opération. Ces derniers se sont tournés vers le dollar au détriment des principales autres devises.
La BCE a également déçu, après les propos de Mario Draghi, les investisseurs attendaient des mesures forte de la part de la BCE concernant son soutien à la zone euro et notamment les taux de rendement des obligations espagnoles et italiennes trop élevés, jugés insoutenable à long terme.
En fin de semaine, les bons chiffres de l’emploi et du secteur des services aux États-Unis permettent de rassurer les cambistes. Après un regain de confiance dans l’économie américaine, ils se tournent vers des valeurs jugées plus risqués comme l’euro, bien que les craintes d’une explosion de la zone euro s’éloignent. La probabilité d’une intervention de la Fed, sous la forme d’un QE3, lors de la prochaine réunion de la politique monétaire de la Fed le 13 septembre prochain, s’éloigne également.

Risque

L’euro a atteint son plus bas niveau depuis juin 2010 le 24 juillet, à 1.2043 $. La reprise actuelle ne devrait pas durer du fait de la faible probabilité d’une intervention de la BCE. Les analystes tablent sur un euro à 1.20 voire 1.15 $ dans les prochaines semaines.
Du côté américain, le président le Fed, Ben Bernanke, fera une intervention cet après midi qui sera suivie de près par les cambistes bien qu’aucune mesure d’assouplissement quantitatif ne soit attendue.

Agenda de la semaine

En plus des différentes interventions des banques centrales, des indicateurs seront attendus. Les commandes industrielles en Allemagne devraient reculer de 1 % au mois de juillet après une hausse de 0.6 % le mois précédent. La production industrielle allemande est également attendue en baisse à -0.8 % après une hausse de 1.6 %.
Aux États-Unis, la productivité non agricole devrait progresser de 1.4 % après une baisse au mois de juin alors que la progression des coûts de la main d’œuvre devrait se réduire à 0.5 %. Jeudi les chiffres hebdomadaires du chômage seront publiés ainsi que le solde de la balance commerciale qui devrait réduire légèrement son déficit.

Conclusion

La tendance globalement baissière des dernières semaines s’est retournée lors des jours passés grâce notamment à un regain d’optimisme aux États-Unis qui redonne le goût du risque aux investisseurs. Néanmoins l’euro ne devrait pas profiter très longtemps de cette hausse et pourrait rapidement atteindre le seuil de 1.20 $.

Colin Rousselot

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