Michelin : les difficultés persistent malgré de bons résultats semestriels

Le CAC 40 est en légère hausse le 06/08/2012 et s’établit 3 390.08 points soit en hausse de 0.47% depuis l’ouverture. Cette hausse confirme la dynamique des dernières semaines avec une variation de 2.12% sur les 5 derniers jours. Dans ce cadre, l’action Michelin est cotée à 57.99 € soit en hausse de 0.69%. L’action a augmenté de 11.24 % depuis 1 mois et de 27.01% depuis le 1er Janvier.

Environnement

Michelin est une entreprise française qui existe depuis 1889 et qui est un des leaders mondiaux dans la commercialisation et la fabrication de pneumatiques. Elle possède cinq marques de pneus : Michelin, BFGoodrich, Kleber, Uniroyal et Taurus. La société fournit aussi bien des particuliers que des professionnels (Formule 1 et 24h du Mans) et possède un pôle d’innovation permettant de fournir des pneus de haute performance. Michelin a produit, en 2011, 184 millions de pneus et a vendu près de 10 millions de carte. L’entreprise s’est fait connaître grâce à son effigie et une campagne de publicité importante mais aussi par le développement du site internet ViaMichelin qui totalise aujourd’hui plus de 400 millions de visites annuelles. Le chiffre d’affaire de l’entreprise se décompose à 84.5% dans la vente et la distribution de pneumatiques dont 61.6% dans les pneumatiques aux particuliers (1er mondiaux). Le reste du chiffre d’affaire correspond à la vente de pneumatique pour des véhicules plus spécifiques (véhicules agricoles ou du génie civil). Le gérant est Jean-Dominique Senard et l’entreprise est possédée à 55.50% par des investisseurs institutionnels non-résidents. Michelin est présent à travers le monde avec 42.6% de son activité en Europe et 33.5% en Amérique du Nord. Elle embauchait, fin 2011, 115 000 personnes.

Actualités

L’actualité de l’entreprise est faible voire inexistante au second trimestre 2012. En effet, les dirigeants font une politique de conservation en 2012 afin de retrouver la croissance au niveau du résultat opérationnel mais aussi d’avoir un cash-flow positif. La situation économique étant mauvaise, Michelin opte donc pour la prudence : hausse du coût des matières premières, baisse des ventes de voiture,…

Michelin a connu deux dégradations au deuxième trimestre 2012. Le 23/05/2012, Goldman Sachs annonce avoir réévalué son opinion de « neutre » à « vente ». Le 31/07/2012, la banque JP Morgan a aussi dégradé son opinion de « neutre » à « vente ». Ces deux dégradations démontrent l’absence de confiance du système financier dans la politique actuelle de l’entreprise. Pourtant, l’agence de notation Moody’s a noté la dernière émission obligataire de l’entreprise ‘Baa1’. Moody’s souligne la solidité de l’entreprise grâce à sa position de leader tout en indiquant que l’activité de Michelin était fortement corrélée au PIB et aux renouvellements automobiles.

Analyse Financière

Le chiffre d’affaire semestriel s’établit à 10.706 milliards d’euros soit une hausse de 5.9% par rapport à 2011 avec un chiffre d’affaire de 5.402 milliards d’euros au deuxième trimestre. La marge opérationnelle est de 1.32 milliard soit une hausse de 36% et le résultat net de 915 millions d’euros : la politique de conservation semble donc fonctionner. Le cash-flow est à l’équilibre et les volumes sont toujours à la baisse. Le volume des ventes devrait repartir à la hausse avec une baisse du coût des matières premières.

Le coût de l’endettement financier est négatif et s’établit -206 millions d’euros, fin 2011, ce qui reste mauvais pour une grande entreprise comme Michelin. La trésorerie et équivalents de trésorerie est aussi relativement faible pour une grande entreprise (1.593 milliards d’euros). Les capitaux propres sont faibles et en baisse fin 2011 avec des capitaux propres annoncés à 8.101 milliards d’euros. Néanmoins, il faut souligner que les capitaux propres restent supérieurs à ceux de 2007 ce qui montre que Michelin reste dans la dynamique de consolidation de ses résultats. La marge opérationnelle (9.39), la rentabilité financière (18.05) et le ratio d’endettement (22.31) sont dans le vert et en hausse en 2011. Le ratio d’endettement reste malgré tout faible par rapport à 2008 (85.9) ce qui confirme les difficultés de l’entreprise.

Gouvernance

La volonté de l’entreprise est aujourd’hui de minimiser les risques et de retrouver une stabilité financière. Les premiers résultats apparaissent probants au premier semestre 2012 avec une marge opérationnelle en forte hausse et un cash-flow de nouveau à l’équilibre. Néanmoins, le risque d’un rechute n’est pas à exclure car le PIB reste faible et les ventes de voiture neuve ne décollent pas : le climat reste donc incertain.
La dernière assemblée générale du 11/05/2012 a confirmé les dividendes pour les années 2012 (2.30) et 2013 (2.43). Le PER de l’action de l’entreprise est annoncé stable pour 2012 et 2013 et devrait rester autour de 7.

Conclusion

L’objectif à 3 mois est une action à 70 € soit un gain potentiel de 20.38%. Morningstar table sur une juste-valeur de 60 € avec un degré d’incertitude important. Les résultats de l’entreprise restent fragiles : la tendance est donc à la conservation du titre.

Maxime Rousseff

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