Les discours des gouverneurs de banques centrales impactent le forex

1 euro = 1,4262 dollars

Le discours de Ben Bernanke a largement profité au dollar. En effet, le taux spot EUR/USD est passé, en un jour, de 1,4432$ à 1,4147$, au plus bas hier vers 16h30. Ce matin, le taux est remonté à 1,4262.

Actualités
Hier, les données officielles publiées montrent que le nombre de personnes demandant une première indemnisation au chômage, aux Etats-Unis, est en augmentation. Le consensus attendait une baisse de 420K à 410K mais les demandes de la semaine ont atteint 429K. En revanche, les ventes de logements neufs ont connu une baisse moins forte que prévu. Elles ont atteint 319K au lieu des 310K anticipés.
L’indice PMI, des directeurs d’achat dans la Zone Euro, est tombé en juin à son plus bas niveau depuis vingt mois, confirmant un ralentissement de l’activité économique européenne. Cependant, le discours de Jean-Claude Trichet, président de la BCE, a permis une rectification à la hausse du taux spot EUR/USD.

Macroéconomie
Le dollar s’est fortement reprit suite à l’intervention de Ben Bernanke mercredi soir. L’actuel Quantitative Easing de 600 Milliards de dollars s’arrêtera bien, fin Juin. Or, cette intervention maintenait le dollar sous pression. La confirmation de son achèvement a largement profité au dollar qui a franchi la barre des 1,4150. La FED a également choisi de ne pas entreprendre une autre action monétaire malgré une croissance plus faible que prévue. Ceci a renforcé la confiance pour le billet vert.

En Europe, les investisseurs attendent la suite des décisions du plan d’austérité qui sera soumis au vote du parlement grecque. Il semblerait que le premier ministre, George Papandreou émettent des doutes sur l’acceptation de ce plan. Aussi, le Comité Européen du Risque Systémique (CERS), qui s’est réuni mercredi soir, a émis des alertes concernant la stabilité financière européenne. En effet, l’interaction entre la vulnérabilité des finances publiques de certains pays membres et le système bancaire, déstabilise la structure économique de ces pays avec de possibles effets de contagion au sein de l’UE et au-delà.

Analyse théorique et risque
Les interventions monétaires des banques centrales sur le marché ont un impact certain sur les taux de change. Aussi, lorsque les investisseurs ne réagissent plus aux maniements des taux directeurs, la solution est souvent d’injecter directement de la monnaie sur le marché. Ce renforcement de la liquidité a, en théorie, un impact positif sur les investissements et la croissance. Cependant, les différents QE entrepris par la FED n’ont pas eu les effets escomptés. La croissance molle et l’abondance du dollar sur le marché pousse à la baisse la valeur du billet vert. En outre, c’est sûrement pour éviter cette situation que la FED a renoncé, pour l’instant, à un ultime QE pour relancer l’économie. Le dollar devrait donc prendre de la valeur face à l’euro, d’autant plus que la situation grecque reste très instable.

Agenda de la semaine
Le PIB trimestriel américain et les commandes de biens durables sont attendus en début d’après-midi. Le consensus attend, pour ces dernières, un relèvement à 1,6% contre -3,6% le mois dernier. Si les chiffres sont vérifiés, le dollar devrait reprendre sa course vers l’avant. Lundi, nous connaitrons les dépenses personnelles qui permettent de déterminer le niveau de consommation des ménages. L’indice des prix principaux de la consommation privative, publié également lundi, est un des meilleurs indicateurs de l’inflation. Nous verrons alors si la politique des taux directeurs bas et le QE2 n’ont pas engendré une hausse des prix à la consommation.

Conclusion
Malgré la légère correction du taux EUR/USD hier soir, le dollar devrait reprendre de la valeur face à l’euro dans l’après-midi. Les problèmes autour de la crise grecque et les chiffres indiquant un ralentissement de l’activité économique européenne mine la monnaie unique. De son côté, le dollar est aidé par la bonne gestion de la FED qui reconnait une croissance à venir plus faible mais annonce un arrêt provisoire des politiques monétaires expansionnistes.

Vanessa Dreyer et Paul Hirel

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