Analyse Renault

Renault est le deuxième constructeur automobile français derrière Peugeot. Les activités du groupe se répartissent entre sa branche automobile, qui procure plus de 95 % du chiffre d’affaires total, et la branche de financement des ventes. Dans l’automobile, le groupe s’est largement développé à l’international ces dernières années. Ainsi la répartition géographique du CA est la suivante : France (32,2%), Europe (42,6%), Amérique (7,8%), Asie et Afrique (6,8%) et autres (10,6%). En se rapprochant du japonais Nissan, Renault est passé du 10ème au 5ème rang des constructeurs mondiaux. En effet l’alliance entre les deux constructeurs a crée une vraie synergie qui a permis des réductions de coûts. Le groupe a également racheté le roumain Dacia et le coréen Samsung. Enfin, le partenariat stratégique conclu fin 2007 avec le constructeur automobile russe AvtoVAZ devrait contribuer à l’expansion de Renault sur les marchés émergents. Le groupe Renault compte plus de 350 sites industriels et commerciaux dans 118 pays et 128 893 collaborateurs.
Avec le plan de croissance Renault Contrat 2009, le Groupe multi marques a pour ambition de se positionner durablement comme le constructeur automobile généraliste européen le plus rentable.
Carlos Ghosn a déclaré que la récession serait « profonde » et affecterait « tout le monde »et a indiqué que la priorité à court terme était « d’éviter de consommer de la trésorerie ». Le patron de Renault-Nissan a ajouté que l’avenir du secteur automobile se trouvait dans les alliances, et qu’il était impossible de prévoir quand la demande remonterait. En effet la crise, qui frappe actuellement le secteur automobile, semble bien partie pour durer. Renault attend en 2009 une baisse de 20% du marché automobile européen et une stagnation des ventes dans les pays émergents. Une tendance qui marquerait une nette aggravation par rapport à la tendance actuelle : en octobre, les ventes de voitures neuves ont baissé de 14,5% en Europe , portant la baisse depuis le début de l’année 2008 à 5,4%.
Face à cette situation, le constructeur se fixe pour priorité la réduction des stocks de véhicules neufs et d’occasion dans ses usines comme dans son réseau commercial. Les stocks qui s’élevaient à 6,5 milliards d’euros fin juin doivent être ramenés, à la fin 2008, à leur niveau de la fin 2007 soit 5,9 milliards. La production va donc être réduite d’environ 25% au quatrième trimestre.
Parallèlement, le plan de réduction de coûts suit son cours. Le constructeur a annoncé, en septembre, son intention de supprimer 6.000 postes en Europe, dont 4.000 en France, dans le cadre d’un plan de départs volontaires.
Nissan, filiale à 44% de Renault, devrait voir son bénéfice tomber à zéro au second semestre, estime désormais Carlos Ghosn. Jusqu’au mois dernier, Nissan tablait sur un bénéfice net de 33,7 milliards de yens (348 millions de dollars) au second semestre mais l’aggravation de la baisse des ventes aux États-Unis (-34% pour le groupe en octobre) et le renforcement du yen (+16% contre le dollar et +34% contre l’euro depuis le 1er janvier) ont fait fondre les perspectives de profits. La prévision de bénéfice net annuel est alors divisée par plus de deux. Quant à Renault, le dirigeant vise une marge d’exploitation de 2,5% en 2008, soit le bas de la fourchette. Le groupe avait alors abaissé son objectif de marge d’exploitation de 4,5% à 2,5-3% et avait renoncé à son but d’atteindre les 6% en 2009. Pour Renault la forte dégradation de la rentabilité de Nissan signifie une chute de la contribution aux bénéfices et aux dividendes qui faisait la force du groupe ces dernières années.

OBJECTIFS ET PERSPECTIVES
Le plan Renault Contrat 2009, dévoilé par Carlos Ghosn en février 2006, est un plan de croissance basé autour de 3 engagements majeurs :

1/ La Qualité : la qualité des produits et des services a significativement progressé l’an dernier pour atteindre un niveau inégalé jusqu’à présent chez Renault. Tous les indicateurs le montrent : le nombre de défauts en sortie de chaîne a été divisé par six en deux ans. Certains des véhicules ont d’ores et déjà été classés dans le top 3 de leur catégorie.

2/ La Profitabilité : malgré un environnement difficile pour l’ensemble de l’industrie automobile, Renault a
atteint en 2006 et 2007 les jalons de marge opérationnelle qui avaient été fixés. Avec 3,3 % de marge opérationnelle en 2007, l’objectif de 3 % annoncé a été dépassé. L’amélioration de la profitabilité est essentiellement liée aux efforts de productivité et de réduction des coûts menés depuis deux ans dans toutes les fonctions de l’entreprise. Au cumul, sur 2006 et 2007, les coûts d’achats, hors impact des matières premières, ont été réduits de 9,1%. Cet effort a permis de stabiliser la dépense d’investissement de Renault dans une période de très fort développement. Cette politique sera poursuivie en 2008 et 2009. Tout ceci a pour but de minimiser la concurrence japonaise et coréenne, sur le terrain des petites voitures, qui met la pression sur les marges.

3/ La Croissance : troisième engagement de Renault Contrat 2009. La première partie du plan a été consacrée à poser les jalons d’une croissance forte et durable autour de trois axes majeurs : la refonte complète de la gamme, le développement de nouvelles technologies et l’extension de la base géographique.
En ce qui concerne la refonte de la gamme, Renault lancera 26 produits d’ici 2009 et l’âge moyen des produits sera ramené de 3,8 ans en 2005 à 2,2 ans en 2009. En effet l’offensive produit initiée en 2007 s’amplifiera cette année avec le lancement de 9 nouveaux véhicules.
Le secteur doit faire face à une importante rupture technologique, avec les nouvelles motorisations électriques et hybrides, ce qui devrait modifier le paysage concurrentiel dans les prochaines années. Ainsi le groupe veut se développer grâce à 2 concepts forts : « la mobilité 0 émission » avec un véhicule électrique produit en masse dans 3 ans et « la mobilité pour tous » avec un véhicule à 2500 dollars.
Enfin, le groupe souhaite étendre ses capacités à l’international notamment en Russie et en Inde.

Selon les agences de notation, la détérioration rapide des conditions économiques, en Europe notamment, devrait empêcher la plupart voir tous les constructeurs européens d’atteindre leurs objectifs à moyen terme. Pour Fitch Ratings, il n’y aura pas de reprise sur le vieux continent avant mi-2011, aussi l’agence anticipe-t-elle un ralentissement plus prononcé pour l’automobile que lors des précédents cycles. Elle a d’ailleurs dégradé Renault et Peugeot , et abaissé la perspective de notation de Daimler

DIVIDENDES
Lors de l’annonce de Renault Contrat 2009 en février 2006, le Groupe a souligné sa volonté d’associer l’ensemble de ses actionnaires au succès de son plan de croissance en indiquant qu’il sera proposé chaque année une progression linéaire du dividende, qui atteindra 4,50 euros en 2009.

RECOMMANDATION
Le secteur automobile, touché à la fois par la crise économique et par la crise du crédit, continue de se détériorer. En Europe, l’automobile est l’objet de toutes les attentions et le secteur doit aujourd’hui affronter la plus forte baisse des ventes depuis 15 ans. Des mesures de baisse de production, d’arrêt partiel, de suppression de postes ont été prises par la majorité des constructeurs européens. Dans le contexte actuel, les rebonds techniques naissent dans le pessimisme. Les constructeurs sont contraints de s’adapter dans l’urgence. Renault n’est pas épargné. Nous ne nous portons donc pas sur cette valeur.

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