Analyse Lafarge

Leader mondial des matériaux de construction, Lafarge occupe des positions de premier plan dans chacune de ses trois branches : ciment, granulats et béton, plâtre. Il est ainsi le numéro un mondial dans le ciment, principale activité du groupe, avec près de la moitié du chiffre d’affaires total. La famille de produit granulats et béton représente près de 38 % de son chiffre d’affaires se positionnant respectivement au 1er et 3ème rang mondial. Avec 8% de son chiffre d’affaires la branche plâtre se place à la 3ème place mondiale.
Lafarge poursuit sa stratégie de croissance centrée sur le ciment dans les marchés émergents, notamment avec l’acquisition d’Orascom Cement leader du Moyen-Orient et du bassin méditerranéen, et sur l’innovation dans le béton. La répartition mondiale de son chiffre d’affaires est la suivante : France (15,2%), Europe (28,8%), Amérique du Nord (27,1%), Asie-Pacifique (10%), Afrique (9,7%), Amérique latine (5%) et autres (4,2%).

Au cours des neuf premiers mois de l’année 2008, le chiffre d’affaires consolidé s’est inscrit en hausse de 8,3% par rapport à 2007 à 14 386 millions d’euros. La consolidation des activités d’Orascom a contribué à la croissance du chiffre d’affaires avec une variation du périmètre de consolidation de 8,6%. Le chiffre d’affaires a été soutenu par la bonne tenue des prix et par la croissance vigoureuse enregistrée sur les marchés émergents, qui ont plus que compensé la forte baisse des volumes observés sur certains marchés développés, notamment aux États-Unis, en Espagne et au Royaume-Uni. Ainsi la forte contribution des marchés émergents (Chine, Inde, Moyen-Orient, Europe de l’est, Amérique latine) se traduit par la progression de 47 % du résultat d’exploitation courant sur les neuf premiers mois et de 40 % au troisième trimestre (+55% et +45 % respectivement, à change constant). Cependant les chiffres de la branche plâtre, qui certes ne représentent pas une grande partie du chiffre d’affaires, ont été affectés par un recul significatif aux États-Unis où les prix se sont inscrits en forte baisse et ceci n’a pas été compensé par la progression des pays émergents.
Notons que les effets de changes ont eu un impact négatif sur les chiffres clés aussi bien sur les neuf premiers mois que sur le troisième trimestre. En effet ceci se traduit par la croissance du chiffre d’affaires du troisième trimestre de 9% à 5 317 millions d’euros au lieu des 15% à change constant. De même le résultat d’exploitation courant progresse de 9% à 1178 millions d’euros alors qu’à change constant il montait à + 15%. Cela étant, ce sont de très bons chiffres et l’on souligne l’amélioration de la rentabilité sur les neuf premiers mois avec une marge opérationnelle en hausse de 100 point de base à 19,4% contre 18,4% en 2007.

Dans un contexte économique plus difficile et face aux conséquences économiques de la crise financière, la priorité du Groupe à court terme consiste à se mobiliser sur la génération de cash flow libre, les réductions de coûts et le désendettement.
Ainsi Lafarge a une solide position de liquidité, avec 1 milliard d’euros de cash flow libre généré sur le troisième trimestre, 1,5 milliard d’euros de cash à fin septembre.
Le groupe a su en rationalisant son organisation et grâce au plan 2006-2008 réduire ses coûts à hauteur de 400 millions d’euros à la fin 2008, soit 60 millions d’euros de plus qu’annoncé.

PERSPECTIVES

Lors de l’annonce des résultats du 3ème trimestre 2008 et dans la poursuite du plan Excellence 2008, Lafarge a présenté les principales actions engagées pour faire face à ces enjeux actuels :
– Réduction des coûts de 120 millions d’euros en 2009, dans le cadre d’une nouvelle phase de réduction de coûts de 400 millions d’euros sur 3 ans, entre 2009 et 2011.
– Limitation des investissements totaux à environ 2 milliards d’euros en 2009.
– Extension du programme de désinvestissements au-delà de l’objectif de 1 milliard d’euros fixé pour 2008-2009, afin de se ménager une plus grande flexibilité financière.
– Accélération du potentiel d’innovation et orientation vers la construction durable.

Les objectifs de 2010 sont élevés mais sont à portés avec un résultat net par action supérieur à 15 euros en 2010, une rentabilité des capitaux engagés de plus de 12 % en 2010, un cash flow libre supérieur à 3,5 milliards d’euros en 2010. En 2010 on prévoit que 65 % des résultats du Groupe seront issus des marchés émergents.

DIVIDENDES

Lafarge a la volonté d’associer ses actionnaires à ses succès et mène donc une politique active de croissance du dividende. Le dividende approuvé par l’Assemblée Générale du 7 mai 2008 au titre de l’exercice 2007 est de 4 euros pour le dividende normal, en augmentation de 33% par rapport à 2007. Néanmoins, depuis 1999, les porteurs d’action Lafarge au nominatif depuis plus de 2 ans, à hauteur de 0.5% du capital bénéficient d’une majoration de 10% de leur dividende.

RECOMMANDATION

Le groupe a su mettre en place une stratégie performante qui s ‘est vu récompensée. Les bétons à valeur ajoutée représentent 25% des volumes sur les 9 premiers mois, contre 20% sur la même période en 2007. En effet la stratégie d’innovation du Groupe contribue ainsi à limiter l’impact du ralentissement des volumes sur les marchés développés.
De plus sa stratégie de croissance centrée sur le ciment dans les marchés émergents, notamment avec l’acquisition d’Orascom Cement, s’est vu elle aussi être payante étant donné les difficultés de l’Europe et des États Unis en terme de construction. Le chiffre d’affaires et le résultat d’exploitation ont été soutenu par la croissance vigoureuse enregistrée sur les marchés émergents et le groupe estime que 65 % des résultats en seront issus en 2010.
De plus les principaux indicateurs démographiques et les besoins en infrastructures dans les dix ans à venir restent très favorables pour le groupe qui est bien placé pour saisir ces opportunités et rester en tête du secteur.

Son PER relatif inférieur à 1, ses bonnes perspectives dans l’avenir avec le développement des marchés des pays émergents, sa solidité financière et ses bons chiffres nous poussent à conseiller l’achat.
Il faut cependant faire attention à sa valeur d’achat en vérifiant les résistances actuelles à court terme qui se situent à 43,07 euros.

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