Analyse Ipsen

Ipsen est un groupe pharmaceutique international spécialisé, tourné vers l’innovation, qui commercialise actuellement plus de 20 médicaments et rassemble près de 4 000 collaborateurs dans le monde. La première source de revenus du groupe est réalisée par son pôle de Ventes de Médicaments qui représente la quasi-totalité de ses facturations (96,9%). Le solde de son chiffre d’affaires s’établit à 3,1% par le biais de son activité de Ventes de Matières Premières et de Principes Actifs qui sont des produits essentiellement utilisés dans la fabrication de médicaments. Ipsen dispose de quatre centres de recherche situés en France, en Espagne, au Royaume Uni et aux Etats-Unis, ainsi que de quatorze sites de production répartis à travers le globe. En outre, ses produits sont commercialisés dans plus de 100 pays, soit par ses propres collaborateurs, soit par l’intermédiaire de partenaires indépendants. Le groupe est solidement implanté dans cinq pays d’Europe (France, Espagne, Italie, Allemagne et Royaume-Uni) qui représentent son marché principal avec 61,3 % de son chiffre d’affaires et la France représente à elle seule 38,4% du marché. Ipsen est également implanté dans la plupart des autres pays d’Europe avec tout de même 22,6 % du chiffre d’affaires réalisé et 16,1% dans le reste du monde (dont Asie 8,5%).
Le chiffre d’affaires par domaine thérapeutique se ventile entre oncologie (25,5%), gastro-entérologie (18,7%), endocrinologie (14,1%), désordres neuromusculaires (14%), troubles cognitifs (13%), maladies cardio-vasculaires (10,3%) et autres (4,4%).

Sa stratégie de développement repose sur une complémentarité entre les produits de spécialité, moteurs de sa croissance, issus des domaines thérapeutiques qu’il cible (oncologie, endocrinologie et désordres neuromusculaires), et les produits de médecine générale qui contribuent notamment au financement de sa recherche. Plus de 700 personnes sont affectées aux activités de R&D, avec pour mission la découverte et le développement de médicaments innovants au service des patients. Cette stratégie est également soutenue par une politique active de partenariats. En 2007, les dépenses de R&D ont atteint environ 185 millions d’euros, soit plus de 20 % du chiffre d’affaires consolidé, qui s’est élevé à 920,5 millions d’euros. Le produit des activités ordinaires s’est établi à 993,8 millions d’euros au terme du même exercice.

INFORMATION FINANCIÈRE

Ipsen dévoile des ventes consolidées de 735,1 millions d’euros pour les neuf premiers mois de 2008, en hausse de 7%. Sur une base comparable (hors ventes de Ginkor Fort, cédé le 1er janvier 2008, et à taux de change constant), il a fortement progressé de 10,9%. Les objectifs de croissance sur l’année sont confirmés grâce à l’accélération de la croissance des produits de médecine de spécialité, traduisant des gains de parts de marché de + 14,3% et la croissance soutenue des marchés internationaux de +19.5%. Le groupe biopharmaceutique précise que cette croissance a été tirée notamment par la performance des produits des domaines de l’endocrinologie et des désordres neuromusculaires, en hausse de 21,3% et 16,9% respectivement, ainsi que par la croissance de 9% du Decapeptyl.

Alors que sur les neuf premiers mois les ventes dans les principaux pays d’Europe de l’Ouest se sont élevées à 414,5 millions d’euros, en baisse de 1,1% (+3,2% hors ventes de Ginkor Fort) les ventes générées dans les autres pays d’Europe se sont élevées à 185,3 millions d’euros, en croissance de 17,5% sur la période et ont représenté 25,2% du total consolidé contre 22,9% un an plus tôt. Ipsen précise que ce chiffre refléte une bonne performance de tous les produits dans la zone, excepté de Tanakan en France, dont le prix a été réduit de 10% le 1er juillet 2007 et dont l’environnement concurrentiel s’est durci. Cette tendance reste vrai même au troisième trimestre 2008, les ventes dans les principaux pays d’Europe de l’Ouest se sont élevées à 133,3 millions d’euros, en retrait de 1,9% sur la période (troisième trimestre 2007, 135,9 millions d’euros) alors que dans les autres pays d’Europe le groupe atteint 60,7 millions d’euros, en hausse de 17,5% sur la période (troisième trimestre 2007, 51,6 millions d’euros).
Le chiffre d’affaires généré dans le Reste du Monde a atteint quant à lui sur les neuf premiers mois 135,3 millions d’euros soit une hausse de 22,4% et 43,7 millions d’euros au troisième trimestre 2008, soit une hausse de 19,7%. Les ventes d’Ipsen dans le Reste du Monde ont représenté 18,4% du total, contre 16,1% un an plus tôt.

Au troisième trimestre 2008, le chiffre d’affaires des produits de médecine de spécialité a atteint 139,2 millions d’euros, en hausse de 16,1% sur la période, et au cours des neuf premiers mois les ventes atteignent 417,3 millions d’euros, en hausse de 14,3%. Ces ventes représentent 56.8% des ventes consolidées du Groupe (contre 53,1% un an plus tôt). A l’inverse, au troisième trimestre 2008, les ventes de produits de Médecine générale ont baissé de 4,2% à 90,5 millions d’euros et au cours des neuf premiers mois de 2008, les ventes atteignent 288,3 millions d’euros, soit une baisse de 2,7% sur la période.

DIVIDENDES

Le conseil d’administration d’Ipsen a décidé de proposer à l’assemblée générale du 4 juin 2008 un dividende de 0,66 euros par action, en hausse de 10% d’une année sur l’autre, représentant un taux de distribution de 37% du résultat consolidé. La mise en paiement de ce dividende a eu lieu le 11 juin 2008.

OBJECTIFS ET PERSPECTIVES

Alors qu’il était essentiellement positionné sur les marchés européens, le groupe a entrepris, voici deux ans, de conquérir le marché Nord-Américain qui représente aujourd’hui plus de 45 % du marché mondial. Outre le rachat d’Octagen (finalisé en juillet), l’acquisition de Vernalis (qui a eu lieu le même mois) offrira une plate-forme de lancement au Dysport, le concurrent du célèbre Botox, dont la décision d’autorisation de mise sur le marché par la FDA (l’autorité sanitaire américaine) est attendue d’ici à la fin de l’année. Et la finalisation du rachat de Tercica (société biotech californienne avec lequel Ipsen avait déjà noué un partenariat capitalistique) permettra de renforcer les ventes en endocrinologie, avec deux produits déjà commercialisés : le Somatuline et l’Increlex. Ces acquisitions lui apporteront tout de suite une force de vente qui lui faisait défaut et Ipsen vise des ventes de 300 millions de dollars d’ici à 2012 (soit un quart des facturations attendues en 2008).

Dans le contexte de sa solide performance sur les neuf premiers mois de 2008, le Groupe réitère ses objectifs financiers pour l’année tels qu’annoncés le 29 août 2008, avant effet des transactions annoncées le 5 juin dernier et vise :
La fourchette haute de ses objectifs de ventes, à savoir :
– une croissance du chiffre d’affaires sur une base comparable comprise entre 6,5 et 7,5% ;
– une croissance du chiffre d’affaires publié comprise entre 3,2 et 4,2% ;
Une croissance de ses autres produits de l’activité comprise entre 25,0% et 30,0%;
Une marge opérationnelle, exprimée en pourcentage de son chiffre d’affaires, comprise entre 23,0% et 24,0%. Cependant la rentabilité sera pénalisée à court terme par les acquisitions américaines. La direction d’Ipsen l’a clairement annoncé : la marge opérationnelle pâtira des acquisitions finalisées outre-Atlantique cette année. La rentabilité estimée de 23,4 % en 2008 devrait tomber à 15,3 % en 2009, après consolidation d’Octagen et de Vernalis dans les comptes du laboratoire.

Même si, à ce jour, Dysport/Reloxin et Autogel n’ont généré aucune vente et par conséquent pas le moindre bénéfice, le potentiel de ces médicaments semble sous-estimé sur un marché américain pesant pas moins de 875 millions de dollars. De plus le portefeuille de médicaments offre d’importantes marges et une progression annuelle du bénéfice par action attendue à 15% sur une base actuarielle (contre 11% pour le secteur). Ainsi, malgré un contexte économique difficile, le Groupe demeure confiant pour le futur dans ses capacités à atteindre ses objectifs financiers au vu de ses perspectives de croissance supérieure à celle du taux de croissance moyen de l’industrie pharmaceutique

RECOMMANDATION

Pendant plusieurs années le laboratoire a tiré l’essentiel de son chiffre d’affaires et de son cash flow de trois médicaments de médecine générale. Mais contraint de s’adapter aux tendances structurelles de l’industrie, Ipsen se métamorphose. Alors que la médecine générale constituait son coeur de métier, Ipsen réalise aujourd’hui 56,8 % de son chiffre d’affaires dans la médecine de spécialités (oncologie, endocrinologie et désordres neuromusculaires) où les besoins en innovations sont très importants aujourd’hui, tout en se concentrant dans des domaines thérapeutiques où il a historiquement prouvé son expertise.
Ainsi Ipsen semble aujourd’hui moins exposé que d’autres aux principaux dangers menaçant l’industrie pharmaceutique. En effet deux de ses principaux produits (le Tanakan et le Décapeptyl) devraient voir leur brevet tomber respectivement en 2010 et 2011 mais la baisse inéluctable de leurs ventes devrait être compensée par le développement de nouvelles formulations de ces deux produits.

Dans le même temps, Ipsen a développé une stratégie d’acquisitions américaines marquant une vraie volonté de diversification géographique. A court terme il ne faut pas s’attendre à ce que le titre fasse des merveilles. En effet dans un premier temps les acquisitions vont peser sur les marges d’exploitation passant de 23% en 2007 à 15% en 2009.
Toutefois, lorsque l’on raisonne dans des secteurs comme la pharmacie, ce ne sont pas les résultats trimestriels qui importent, c’est la vision globale de l’avenir de l’entreprise à cinq, voire dix ans, qui compte.

Ipsen, le 3ème laboratoire français à capitaux familiaux est une bonne valeur et nous conseillons l’achat en raison de sa stratégie basé sur la diversification géographique et la modification de son portefeuille produit, de son pipeline de futurs médicaments, et des accords qu’elle a noué avec de grands laboratoires mondiaux. A terme, un retour vers ses plus hautes valeurs soit 40 € est très vraisemblable, lorsque la stratégie américaine portera ses fruits.

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