Analyse BioAlliance Pharma

BioAlliance Pharma est un laboratoire de biotechnologies spécialisé dans la recherche, le développement et la commercialisation de produits thérapeutiques innovants. Les produits de la société sont notamment utilisés dans les traitements des cancers, du virus du sida (VIH) et des maladies infectieuses.
La fabrication, le conditionnement et l’étiquetage sont assurés par des sous-traitants. A fin 2007, le groupe dispose d’un portefeuille de 9 produits répartis entre produits en phase de recherche et d’optimisation ou en phase pré-clinique (produits pour la lutte contre les douleurs résistantes, le ciblage des enzymes du VIH et le traitement des cellules cancéreuses), produits en début de développement (traitement de l’herpès labial et du cancer primitif du foie) et en phase finale d’essais cliniques (traitement de la candidose oropharyngée).

INFORMATION FINANCIÈRE

Le chiffre d’affaires au 1er semestre 2008 s’élève à 4896 milliers d’euros soit une hausse de 1469% (312 milliers d’euros au 1er semestre 2007). Cette augmentation significative du chiffre d’affaires provient de deux sources, principalement des paiements reçus des accords de licences concernant le Loramyc® (États-Unis, Europe et Asie) pour 4,5 millions d’euros et des ventes de Loramyc® en France qui s’élèvent à 330 milliers d’euros. Ainsi les redevances provenant de la filiale européenne SpeBio sont de 2325 milliers d’euros. Les redevances reçues de la société Par Pharmaceuticals, détentrice des droits de commercialisation de Loramyc™ aux États-Unis, sont de 2070 milliers d’euros. Enfin 105 milliers d’euros proviennent de la société coréenne Handok Pharmaceuticals, correspondant à l’étalement sur 27 mois du montant reçu à la signature du contrat de licence en Corée, Singapour, Malaisie et Taiwan.

BioAlliance Pharma publie, pour le troisième trimestre 2008, un chiffre d’affaires de 1,6 millions d’euros contre 1,8 million d’euros un an plus tôt. Les ventes de Loramyc se montent à 282 milliers d’euros, contre 259 milliers d’euros au troisième trimestre 2007. En France, les ventes en volume au troisième trimestre ont augmenté de 23% par rapport au trimestre précédent. Dans le reste de l’Europe, Loramyc est maintenant présent sur le marché en Angleterre, en Allemagne et au Danemark. Le chiffre d’affaires provenant des accords de licences internationaux pour le Loramyc s’établit à 1 242 milliers d’euros, contre 1 417 milliers d’euros au troisième trimestre 2007.

La trésorerie disponible au 30 juin 2008 s’élève à 43,9 millions d’euros contre 56,3 millions d’euros au 31 décembre 2007. Cette diminution de 12,4 millions d’euros provient essentiellement des investissements en R&D, en particulier des études cliniques de Phase III menées par la société sur ses trois produits les plus avancés, ainsi que des efforts promotionnels liés au lancement du Loramyc® sur le marché français. Au cours de la période, la société a payé à NovaDel Pharma Inc. un montant de 1,9 millions d’euros relatif à l’acquisition des droits de commercialisation de l’ondansetron Oral Spray pour l’Europe.

En 2007 le résultat opérationnel ressort à -19,56 millions d’euros et «reflète, selon Nicolas Fellmann, la dynamique des investissements de recherche et développement du groupe». BioAlliance a ainsi dépensé 11,86 millions d’euros en R&D en 2007. Ce budget devrait rester sensiblement le même en 2008 tout comme le résultat opérationnel.

DIVIDENDES

Aucun dividende n’a été distribué au titre des trois exercices précédents au vu des pertes qu’enregistre le groupe.

OBJECTIFS ET PERSPECTIVES

BioAlliance veut prudemment se recentrer sur ses projets les plus avancés (Loramyc®, aciclovir Lauriad®, ondansetron). « La crise financière n’impacte pas directement l’activité de BioAlliance en dehors du fait que l’action très basse nous empêche bien entendu d’aller chercher de l’argent à l’extérieur par augmentation de capital ou même d’envisager l’achat de produit ou de partenariat avec des échanges d’actions », a déclaré Gilles Avenard Directeur Général du groupe. Il s’agit, a-t-il poursuivi, de « préserver la trésorerie pour pouvoir se focaliser sur les projets prioritaires pendant ces deux prochaines années ». Le laboratoire de biotechnologies a annoncé ainsi la suppression de neuf emplois, soit 12% des effectifs et poursuit son plan opérationnel sur des marchés de niche focalisés en oncologie et en infectiologie, avec plusieurs avancées significatives conformes aux objectifs fixés :
• Une poursuite du lancement de Loramyc® en France avec une progression significative du nombre de prescriptions et du nombre de patients traités (+ 65% entre fin mars 2008 et fin juin 2008) et vise 16000 prescriptions en 2008.
• L’obtention des AMM pour Loramyc® dans 6 pays européens, notamment les deux marchés les plus importants après la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne, où le produit est en cours de lancement par les équipes de la filiale SpeBio depuis le mois de juillet. Le marché du Loramyc a été estimé par IMS Health en 2005, à 350 millions d’euros, l’Europe devant représenter d’ici à 4-5 ans, 30% du marché.
• La Société prévoit de déposer en fin d’année 2008 le dossier d’AMM du Loramyc® pour les Etats-Unis.

Le chiffre d’affaires visé pour le Loramyc® en Europe en 2011 est de 25M€, soit 23% de part de marché. Pour 2012, le chiffre d’affaires visé est de 33 millions pour le Loramyc® en Europe, soit 30% de part de marché. Aux Etats-Unis, les ventes seront faites par leur partenaire Par Pharmaceutical et le groupe recevra des royalties.

• La réalisation d’alliances stratégiques pour l’Europe visant à compléter le portefeuille de produits, avec l’obtention de la licence européenne de l’ondansetron Oral Spray® en 2009. Ce produit renforce la gamme de BioAlliance dans le domaine du « supportive care » (soins de support) lui permettant de se positionner comme un partenaire de référence des cancérologues et infectiologues.
L’enregistrement de l’aciclovir Lauriad® est prévu en 2009 en Europe, et en 2010 aux Etats-Unis. Il pourra y avoir des commercialisations fin 2010 début 2011. L’essentiel du marché est en ville et non à l’hôpital, où se concentre la force de vente du groupe, et ceci implique donc un partenariat avec une plus grosse société.

BioAlliance souhaite, en 2009-2010, renforcer son activité de concession de licence («licensing out») afin de générer des revenus.Ces partenariats sont sources de revenus indirects et sont partie intégrante de la stratégie. Néanmoins le laboratoire vise une prépondérance des revenus directs d’ici à 2012. En ce qui concerne la poursuite des programmes de recherche et développement de la société, elle comprend des projets prometteurs et notamment l’extension de la gamme Lauriad®.

RECOMMANDATION

Le terme « specialty pharma » désigne une activité de développement ou de commercialisation de médicaments destinés à des populations particulières sélectionnées, principalement suivies par des spécialistes. BioAlliance a choisi de développer des médicaments dans des marchés où la demande en nouveaux produits est continue et les besoins médicaux insatisfaits. De plus le groupe a choisi de limiter les risques et les coûts de développement grâce à des produits innovants, conçus à partir de principes actifs déjà reconnus sur le marché et dont le profil d’efficacité et de tolérance est bien établi par rapport aux médicaments destinés à l’ensemble de la population suivie en médecine générale. Ce modèle d’entreprise spécialisée permet des développements de produits innovants plus rapides, des coûts de Recherche et Développement moins élevés et des équipes de ventes spécialisées beaucoup plus restreintes car elles interviennent sur des marchés de niche ciblés. Il permet également de bénéficier d’un prix de remboursement spécifique pour les produits d’innovation destinés à des populations volontairement restreintes. L’ensemble de ces facteurs concourent à maximiser la profitabilité de l’entreprise et favorisent une croissance rapide. Bioallance souhaite assurer à l’entreprise une double source de revenus : des revenus directs en Europe et des revenus indirects dans le reste du monde. Les moyens financiers dont dispose le groupe devraient lui permettre d’accroître les frais de promotion liés au lancement du Loramyc® en France, ainsi que la poursuite de sa stratégie d’acquisition pour l’Europe composés de produits dans le domaine de l’oncologie et du VIH.

Cependant le marché des biotechs souffre à la fois d’être un marché de PME et un marché considéré à risque et aujourd’hui il y a beaucoup de sociétés qui valent peu cher. Introduite en décembre 2005 à 13,30 euros, le titre a clôturé mercredi à 2,81 euros. Néanmoins AGF Private Equity a rejoint le capital de Bioalliance dans le courant de l’été à hauteur de plus de 5%, ce qui prouve qu’il y a un intérêt pour ce secteur.
Les biotechs ont besoin d’actionnaires de long terme de ce type puisque les sociétés se positionnent sur des périodes longues. Les développements pharmaceutiques sont longs.
Au vu du prix de l’action et du développement des perspectives du groupe nous conseillons l’achat de la valeur mais seulement sur une optique de long terme.

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