Analyse Générale de Santé

Premier Groupe européen privée de soins et services à la santé, Générale de Santé compte 20 000 salariés dont 6 500 infirmier(e)s et 3 800 aides soignant(e)s dans plus de 200 établissements et centres. Générale de Santé participe aux missions de service public de santé et au maillage sanitaire du territoire. Avec 5 200 praticiens, elle représente la première communauté libérale de France. Générale de Santé couvre l’ensemble de la chaîne de soins. Fin 2007, Générale de Santé est le leader du secteur privé hospitalier en France avec un chiffre d’affaires de 1,9 milliard d’euros et une part de marché de l’hospitalisation privée de plus de 16%.
Les prestations de soins et de services hospitaliers représentent 92,7% du chiffres d’affaires réalisés: prestations assurées en cliniques dans les domaines de la médecine, de la chirurgie, de l’obstétrique, de la psychiatrie, des soins de suite (alcoologie, traitement de l’obésité), de la réadaptation, de la cancérologie, de la radiothérapie et prestations de diagnostic (imagerie et analyses médicales). Les prestations de soins à domicile génère 2,3% du chiffres d’affaires global. Par ailleurs, Générale de Santé exerce des activités de soins en Italie et y réalise 5% de son chiffre d’affaires

INFORMATION FINANCIÈRE

Générale de Santé a réalisé un résultat net part du groupe 9 mois de 74,7 millions d’euros, en progression de 134,9% du fait des éléments non récurrents dont a bénéficié le groupe en 2008. Le résultat opérationnel a atteint 135,50 millions d’euros, en augmentation de 102,80% grâce en particulier à la plus-value nette de 60 millions d’euros enregistrée à la suite de la cession à Icade des murs de quatre cliniques de la région parisienne. La marge d’excédent brut d’exploitation du groupe est stable à 11,4%, pour un montant de 167,4 millions d’euros. Le chiffre d’affaires s’est élevé à 1,466 milliard d’euros, en croissance organique de 4,5%.

Au cours du 3ème trimestre 2008 la croissance organique du groupe de 4,8%, en léger retrait par rapport à ses attentes, explique une grande partie de l’évolution du chiffre d’affaires qui atteint 5,7%
Au cours du troisième trimestre 2008, l’activité Soins et Services Hospitaliers France affiche une progression de + 5,0% en croissance organique qui se décompose de la manière suivante :
– un effet prix de + 0,8% (principalement expliqué par la hausse des tarifs en Médecine-Chirurgie-Obstétrique du 1er mars 2008 pour 0,75 %);
– un effet volume/mix de + 4,2%.
Les effets de périmètre du troisième trimestre se compensent globalement entre l’impact de l’intégration et les cessions de cliniques
L’évolution du chiffre d’affaires en Italie (soit -3,6% au 3ème trimestre) provient principalement de la cession de Poggio del Sole à Arezzo (fin avril 2008).
Le free cash flow de 2006 de 406 M€ (l’impact de la plus-value “Hestia” est de 196,0 millions d’euros) a servie en totalité aux versement des dividendes exceptionnels. Or le free cash flow en 2005 et 2007 ne s’établissait qu’à 57 et 20 millions d’euros.
De plus sur les trois dernières années le flux nette de trésorerie lié à l’activité +investissement était négatif et le groupe n’a de cesse de s’endetter.
Le niveau de dette financière nette atteint ainsi 947,3 M€ à fin septembre 2008 contre 617,2 M€ fin septembre 2007, principalement du à un nouvelle emprunt de 814,4 millions d’euros dont 741 sont à échéance 2012

DIVIDENDES

Au titre de l’exercice 2006, Générale de santé a payé à ses actionnaires un dividende de 0,35 euro par action. Ce montant de dividende leur a été versé le 2 juillet 2007. Elle a également versé le 20 décembre 2007 un dividende exceptionnel de 7,67 euros par action (par prélèvement sur la prime d’émission) ce qui correspond à un rendement de 66%.

OBJECTIFS ET PERSPECTIVES

Concernant ses perspectives de fin d’année, le groupe privé de soins et services à la santé a déclaré : «Le ralentissement du niveau d’activité constaté depuis quelques mois est susceptible de se poursuivre d’ici à la fin de l’année; il pourrait s’accentuer en fonction notamment de l’ampleur de l’impact de l’environnement économique».

La direction de Générale de Santé a fait de la restauration des marges du groupe son objectif prioritaire mais ceci ne sera pas tache aisé. En effet les charges salariales sont déjà importantes et risque d’augmenter, les infirmières et les aides-soignantes étant tentées par les salaires plus élevés du public.
En 2008, malgré un environnement tarifaire défavorable, Générale de Santé souhaite poursuivre l’amélioration de son offre de soins. A périmètre constant, la volonté de Générale de Santé est également de: maintenir une politique d’investissements ambitieuse dans ses établissements à hauteur de 193 millions d’euros, contenir l’impact tarifaire défavorable sur l’EBE, maitriser le niveau d’endettement net.

Générale de Santé souhaite atteindre une part de marché de 20 % de l’hospitalisation privée en France à moyen terme. Le potentiel de croissance est important dans l’hospitalisation privée puisque le marché reste atomisé avec près d’un millier de cliniques indépendantes. De plus la croissance du Secteur Privé Hospitalier est soutenue par la progression de la demande de soins de la population.

Pour répondre aux attentes de la population, le Groupe investit régulièrement de nouveaux segments, tels que les soins et services à domicile, qui constituent aujourd’hui un secteur en forte progression puisqu’ils répondent à la fois aux attentes des patients et des pouvoirs publics. Le 24 mai 2005, Générale de Santé a acquis le groupe Libermed et cette opération a permis au groupe de doubler sa taille dans le secteur de soins et services à domicile, d’accéder à de nouveaux métiers (maintien à domicile et oxygénothérapie) et de renforcer notablement son positionnement à Paris et en région parisienne.

RECOMMANDATION

La société profite de son statut de leader français des soins de santé privés, qui lui confère un poids certain dans les négociations avec les autorités de tutelle. Cependant les années 2006 et 2007 ont été marquées par un ralentissement de l’évolution voire une baisse des tarifs des prestations. Une telle évolution, si elle se poursuivait sur le long terme, fragiliserait non seulement une grande partie des cliniques privées qui sont devenues un outil majeur de santé publique pour l’Etat mais également, à terme, l’hôpital public en raison de son passage progressif à la T2A.
En effet l’essentiel des revenus de Générale de Santé provient d’une prise en charge par la Sécurité sociale des soins réalisés par le Groupe sur la base de tarifs arrêtés, chaque année, par les pouvoirs publics. Une baisse générale de ces tarifs pourrait limiter la capacité du Groupe à mettre en oeuvre sa stratégie visant à attirer et fidéliser son personnel soignant qualifié, à réaliser les investissements prévus et pourrait avoir un impact significativement négatif sur la marge opérationnelle, le chiffre d’affaires, la situation financière et les résultats du Groupe.
Enfin, le passage progressif du financement des établissements publics sous forme de dotation globale indépendante du volume de leur activité à une tarification à l’activité incite ces établissements à augmenter le volume des soins qu’ils réalisent afin d’augmenter leurs revenus ce qui est susceptible d’accroître la concurrence avec les établissements du Groupe et pourrait réduire le volume des soins qu’ils réalisent et ainsi significativement affecter leur activité, le chiffre d’affaires ou les résultats du Groupe.

Il conviendra de suivre également la politique d’acquisitions du groupe, qui souhaite encore se renforcer en France mais aussi en Italie et dans la péninsule Ibérique. Si la Société ne parvient pas à poursuivre la mise en oeuvre de sa stratégie de croissance externe, son activité, sa situation financière, ses résultats d’exploitation ou ses perspectives pourraient être significativement affectés.

De plus le niveau de dette financière nette atteint ainsi 947,3 M€ à fin septembre 2008 et le contrat de crédit 2007 est susceptible d’avoir des conséquences importantes sur les activités du Groupe telles que :
– limiter sa capacité à réaliser des investissements destinés à développer ses activités ;
– limiter sa capacité à procéder à des cessions d’actifs immobilières ;
– limiter sa capacité à emprunter des sommes supplémentaires destinées à faire face aux besoins en fonds de roulement, en investissement, en remboursement de la dette ou autres ;
– limiter sa capacité à investir des excédents de trésorerie d’exploitation dans ses activités compte tenu du fait que le Groupe a l’obligation à partir du 31 décembre 2009 d’allouer une part substantielle des excédents de trésorerie d’exploitation au remboursement de sa dette.

La direction a plusieurs fois déçu les investisseurs depuis l’introduction en bourse opérée en 2001.
Nous estimons que Générale de Santé ne semble pas apporter de rendement suffisant au vu des risques auquels elle est exposée. Même si cette valeur a des chances de croître et des perspectives intéressantes nous déconseillons la valeur jusqu’à ce que son endettement soit maîtriser.

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