Analyse Forex Euro Dollar

Le 15 juillet 2011
1 euro = 1, 4169 dollars

En début de semaine, la monnaie unique européenne a plongé très rapidement vers ses plus bas niveaux depuis mars dernier. L’euro a touché les 1,3835 dollar mardi dernier, perdant plus de 3% en deux jours

Actualités

Les travaux pour mettre sur pied un deuxième plan d’aide à la Grèce s’accélèrent en vue de trouver une issue avant la fin du mois. Hier, l’Institut de la finance internationale (IFI), représentant de 400 institutions financières, s’est réuni à Rome avec le groupe de travail désigné par les ministres des Finances européens pour étudier en profondeur la participation du secteur privé dans le sauvetage de la Grèce.
Concernant les Etats-Unis, le nombre de personnes ayant déposé une demande d’allocations chômage, au cours de la semaine dernière, a davantage diminué que prévu (selon les chiffres officiels dévoilés ce jeudi). En effet, on compte 22 000 unités en moins passant ainsi de 427.00K à 405.00K, au lieu des 410.00K initialement prévus. Les prix de vente au détail ont, eux, augmenté de 2.7% pour le mois, comme l’avaient annoncé les analystes. L’indice des prix au détail de base, excluant les coûts de la nourriture, de l’énergie, de l’alcool et du tabac, a toutefois augmenté, prenant 1.6% ajustés sur la période considérée, alors que les experts ne pensaient pas le voir dépasser 1.5%.
Le PIB européen a augmenté plus que prévu avec une hausse de 0,8% alors que l’on s’attendait à 0,1%. De plus, les ventes au détail ont diminué de 1,1% au mois de mai dans les 17 pays de la zone euro, alors que le marché anticipait une baisse de 1.0%. Sur un an, le recul ressort à 1.9% au lieu des 0.5% prévu par le marché. Ces baisses s’expliquent principalement par le recul observé en Allemagne, première économie de la zone euro.

Macroéconomie

Le commerce extérieur de la zone euro a renoué avec l’équilibre en mai en données brutes, les exportations augmentant plus vite que les importations, a annoncé vendredi Eurostat. En avril, le déficit était de 4,8 milliards. Il était de 4,9 milliards en mai 2010. Sur un an, les exportations ont bondi de 21% en mai et les importations de 16%. Ajusté des variations saisonnières, le solde commercial ressort en déficit de 600 millions d’euros, contre un trou de 2,5 milliards en avril. Aussi, la production industrielle dans la zone euro a augmenté moins que prévu en mai, s’accroissant de 0,1% par rapport à avril après une hausse de 0,2% le mois précédent, confirmée en deuxième estimation.
Du côté des Etat-Unis, la balance budgétaire s’est appréciée selon les dernières publications de mercredi. Elle est effectivement passé de – 57,6 milliards de dollars à – 43,1 milliards alors que le consensus prévoyait une dépréciation de 22 milliards.

Analyse théorique et risque

Alors qu’un accord avait été trouvé sur la dette hellénique début juillet, les divergences des dirigeants européens sur un deuxième plan d’aide à la Grèce ont ravivé les tensions sur les marchés. En dégradant les dettes grecques et irlandaises et en émettant des avis négatifs sur la situation de la dette italienne, les agences de notations financières ont mis en lumière le risque systémique du problème du dossier grec. Ainsi, les tensions liées aux dettes souveraines ont fait s’envoler les devises dites refuges telles le franc suisse et les métaux précieux. On a également pu constater une forte hausse de la volatilité sur la monnaie unique liée à la peur d’une contagion de la crise de la dette grecque à l’ensemble de la zone euro. Selon de nombreux économistes, les volatilités des différents bons du trésor des pays européens et de l’euro ressemblent de plus en plus aux fluctuations qui avaient eu lieu avant la chute de Lehman Brother. L’euro ne répond plus aux évènements macroéconomiques de manière « prévisible », il est impératif de trouver une solution aux défaillances budgétaires des pays européens. En effet, l’euro pourrait être le premier actif attaqué en cas d’éclatement de la bulle financière ou pire être amené à disparaitre.

Agenda de la semaine

Le niveau de production industrielle américain annoncé dans l’après-midi devrait augmenter de –0,1% à 0 ,3% dans l’après-midi. Lundi sera publié le capital budget international transactions à long terme, qui détermine mensuellement la différence entre les transactions nationales et étrangères d’achats de titres à long terme (c’est-à-dire, les obligations avec une échéance initiale de plus d’un an). Les courtiers regardent de près cet indicateur, car il fournit plusieurs idées en flux de monnaie internationale. Or, les récents évènements autour de la crise grecque et des achats de titres nationaux devraient modifier largement les prévisions.
Mardi, nous connaitrons les chiffres du climat économique ZEW de l’Allemagne qui détermine le sentiment des investisseurs institutionnels. L’indicateur mensuel reflète la différence entre la part des investisseurs optimistes et la part des investisseurs pessimistes. Il paraitra également le nombre de constructions de logements aux Etats-Unis qui est prévu en baisse.

Conclusion

L’euro perdait un peu de terrain face au dollar vendredi, dans un marché qui restait prudent après les commentaires de Standard and Poor’s qui envisage d’abaisser la note de la dette américaine, alors que l’Europe se préparait aux résultats des tests de résistance du secteur bancaire.
Les tensions et l’affolement qui entourent la crise budgétaire européenne ont mis à mal la monnaie unique et il devient très difficile de prévoir les fluctuations à venir de la paire EUR/USD. L’euro devrait cependant de nouveau baisser face au billet vert dans l’après-midi aux vues des bons résultats économiques américains de la semaine et malgré la très probable remonté des taux directeurs européens à venir.

Paul Hirel
Vanessa Dreyer

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