Analyse Maurel et Prom

Maurel & Prom est aujourd’hui une société pétrolière spécialisée dans l’extraction de pétrole et de gaz naturel, principalement au Congo et en Colombie.
En 1813 l’activité de la société était l’affrètement de navires et le commerce entre Bordeaux et les colonies, puis le déclin du secteur maritime dans les années 1970 a conduit le groupe à réorienter son activité vers le secteur agroalimentaire puis vers les services pétroliers et gaziers, aurifères et forestiers. Contrôlée à 76 % par Electricité et Eaux de Madagascar (EEM) jusqu’en 2000, Maurel & Prom a ensuite pris son indépendance afin de se concentrer sur son activité propre. Son chiffre d’affaires se répartit à 72,5% dans l’exploration et production de pétrole et de gaz et 26,3% dans les prestations de forage pétrolier
Maurel et Prom a signé une étape décisive dans la mise en oeuvre de sa stratégie avec l’acquisition en juin 2005 des actifs colombiens et vénézuéliens de Knightsbridge. Avec cette transaction, Maurel & Prom est devenu l’un des tous premiers indépendants cotés européens en termes de réserves, de production et de résultat net consolidé, ce que les analystes nomment les  » juniors « , par opposition aux  » majors « . La production de Maurel et Prom se situe principalement au Congo avec 23,3% de son chiffre d’affaires et près de 76 % en Amérique Latine dont 72,8% Colombie.

INFORMATION FINANCIERE

Maurel et Prom a enregistré au troisième trimestre un chiffre d’affaires en hausse de 50% à 115,7 millions d’euros. Sur neuf mois, il s’inscrit en progression de 36% à 291,6 millions d’euros. La progression rapide de l’activité s’explique par l’évolution des prix du pétrole durant cette période de l’année (Brent +69% et WTI +73%), le développement du champ d’Ocelote en Colombie et la remise en test avec succès du puits Banio-2. L’évolution du chiffre d’affaires est impacté défavorablement par le cours de change US$/EUR (-12% sur les 9 premiers mois de l’année). Exprimé en dollar américain, le chiffre d’affaires total du groupe sur les neuf premiers mois de l’année 2008 est de 443,7 millions de dollars, en hausse de 54%.

La production pétrolière du troisième trimestre a augmenté de 32% à 19 983 barils par jours et de 30% à 17 075 b/j en part nette de toute fiscalité pétrolière en nature.

Pour les « juniors », créer de la valeur et s’imposer sur le marché passent par la découverte et la mise en production rapide de nouvelles ressources. Une grande partie des investissements est allouée à l’exploration. Cette activité englobe les études géologiques, l’acquisition et le traitement sismique, l’interprétation géophysique et le forage. Maurel & Prom exerce ses activités de forage via sa filiale Caroil. Cette branche d’activité nécessite une enveloppe financière pour les investissements destinés à la maintenance et au remplacement des outils de forage, très sollicités, à leur modernisation et à de nouvelles acquisitions. En 2007, les dépenses d’exploitation ont atteint 127,3 millions d’euros. Les investissements de développement se sont montés à 174,1 millions d’euros. Les dépenses d’exploitation prévues pour 2008 se montent à 108 millions d’euros, destinés à 65 % au forage. Il existe une réserve de 170 millions d’euros. Les investissements en développement se chiffrent à 239 millions d’euros pour l’année en cours. Ils seront consacrés à 80 % au Gabon, le solde allant à la Colombie. Après 2008, Maurel & Prom prévoit de poursuivre un effort d’exploration annuel de l’ordre de 100 M€ qui sera adapté aux résultats et aux perspectives de son domaine minier.

DIVIDENDES

En 2007, Maurel & Prom a travaillé à reconstituer le cash flow issu de la production. Cet argent servira à financier sa politique volontariste d’exploitation, à reconstituer une structure financière solide et à récompenser les actionnaires. En effet, le Conseil d’administration a décidé de proposer aux actionnaires, lors de l’Assemblée générale du 12 juin 2008, la distribution d’un dividende annuel ordinaire de 1,20 € par action au titre de l’exercice clos au 31 décembre 2007.

OBJECTIFS ET PERSPECTIVES

Les exercices 2008 et 2009 verront le déploiement d’une politique très active d’études sismiques et de forages portant sur environ 200 millions d’euros dès le premier exercice. Ceci correspondra au forage d’une vingtaine de puits d’exploration chaque année. Cet effort exceptionnel mené dans des zones au potentiel connu doit permettre d’atteindre fixé lors de la cession de M’Boundi : dépasser 250 Mboe (Millions de baril équivalent pétrole) de réserves 2P en 2009 et retrouver un niveau de production nette d’au moins 30 000 b/j dans une société désendettée qui aura versé un dividende élevé à ses actionnaires.

Maurel & Prom, via sa filiale à 100% Hocol, a signé en septembre avec l’Agence Nationale des Hydrocarbures (ANH) colombienne un nouveau contrat d’exploration et de production et détient 100% des droits. La superficie totale du permis de Muisca est de 2 368 km2. La redevance s’élève à 8%. Toujours en Colombie Maurel & Prom indique avoir obtenu une licence d’exploitation pour le Champ d’Ocelote, et ajoute avoir signé un nouveau contrat d’exploration et de production pour le permis VSM-10 où les redevances s’élèveront à 14%. L’augmentation de la capacité de traitement permettra dès le début janvier d’atteindre une production d’huile en 100% de 10 300 b/j (contre 5 300 b/j actuellement), ce qui portera la production nette en Amérique Latine à 23 900 b/j . Début décembre, plus d’un million de barils avaient été produits sur ce champ. Fin 2009, un oléoduc de 54 km sera mis en service entre Ocelote et Las Palmeras afin d’alléger les coûts d’exploitation ainsi que de fiabiliser l’évacuation des quantités significatives produites.

Maurel & Prom est présent au Gabon depuis fin 2004 et cette zone géographique constitue un « relais de croissance majeur pour le groupe », notamment avec le gisement d’Onal. La mise en production est prévue pour le second semestre 2008. Maurel & Prom y est opérateur à 85 % (15 % revenant à l’Etat gabonais). Par ailleurs, suite au succès du puits OMKO- (débit de 5 510 b/j), le groupe a revu son programme de forage afin d’apprécier le potentiel mis en évidence par cette découverte significative. Plusieurs puits d’appréciation sont prévus dans les 6 mois à venir. La connexion du gazoduc destiné à alimenter les installations d’Onal sera effective le 23 décembre mais précise toutefois être dans l’incapacité de s’engager fermement sur une date précise pour le mois de janvier concernant la mise en production du champ d’Onal. Enfin, le puits d’exploration Omal-1D (Alonha-A) a rencontré les réservoirs attendus imprégnés sur 38 mètres, dont 8,4 mètres utiles. Le puits N’Zamo-1 au Gabon a été abandonné

Maurel & Prom s’intéresse également à la Tanzanie, zone historiquement sous-explorée. La récente découverte de gaz invite le groupe à intensifier son travail d’exploration dans cette région. Ainsi le groupe a signé avec Dominion Oil \& Gas Limited un accord de prise d’intérêts à hauteur de 50% dans le permis d’exploration de Mandawa en Tanzanie. Malheuresement sur le permis Bigwa Rufiji Mafia, les réservoirs rencontrés dans cette région sont du type « tight gas » (gaz dans des formations peu perméables) et ne sont sans doute pas commercialement exploitables en l’absence d’une découverte d’un gisement plus conventionnel dans le voisinage. Le prospect Mafia-1 pourrait, en cas de succès de l’exploration en cours, représenter ce type de gisement. Le forage de ce puits se poursuit à la cote de 2 926 m après « side track ». Les conditions techniques sont extrêmement difficiles (Shell avait abandonné le forage à une profondeur similaire en 1956). Le réservoir, attendu aux environs de 4 500 m, pourrait être atteint avant le 15 février 2009.

RECOMMANDATION

Le groupe dispose d’un portefeuille minier équilibré tant en termes géographiques, d’exploration-production, d’onshore/offshore que de rapport entre les réserves 2P et 3P. Cependant sans véritable plancher pour le baril de Brent, mais avec des coûts toujours identiques à ceux qui prévalaient lorsque le baril était à 100 dollars, le thème de la préservation du capital va devenir central pour le secteur en 2009.
En effet contrairement aux « majors », les « juniors » ne sont pas intégrées : elles ne font que de l’exploration & production, sans raffinage ni pétrochimie, ce qui confère à leur titre une plus grande sensibilité au prix du baril. Leurs découvertes ou leurs acquisitions, rapportées à leur taille, ont également plus d’impact sur leur valeur. De plus la valorisation de ce type de société est basée non sur l’huile en place mais sur les réserves qui dépendent du taux de récupération des hydrocarbures en place. Il est donc important de noté que malgré certaine mauvaise nouvelle concernant l’exploration il reste toujours des explorations sur des sites à fort potentiel probable.
Au vu de la récente baisse du cours, du consensus du marché et de l’hypothèse du remonté du prix du baril nous nous positionnons sur un achat de la valeur.

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