Analyse Bourbon

Le groupe Bourbon a été fondé en 1948 avec la fusion de plusieurs entreprises familiales consacrée à l’industrie sucrière de la Réunion. Par la suite, Bourbon va entamer une diversification de ses activités dans la «distribution (1991), les produits laitiers (1992) puis enfin les activités maritimes (1992) ». En 1998, l’entreprise est introduite sur le second marché de la bourse de Paris et commence à se recentrer sur les activités maritimes et plus particulièrement dans les services à l’offshore. Aujourd’hui, son activité repose sur deux divisions distinctes et complémentaires (le groupe a également cédé, en juin 2007 ses activités de remorquage portuaire). Sa première source de revenus est réalisée par son pôle Offshore qui représente 63% de son chiffre d’affaires total. Ainsi, Bourbon Offshore satisfait les besoins d’une clientèle internationale en ce qui concerne la production et l’exploitation de pétrole en eau profonde ; maintenance de plates-formes, support à la réalisation d’interventions sous-marines par robot, stimulation de puits, ancrage d’appareils de forage, ravitaillement d’installations, transport de personnel vers les sites. Ensuite, près de 32% de son chiffre d’affaires est généré par sa son pôle Vrac via sa filiale Setaf-Saget qui transporte par voie maritime, chaque année, près de 20 millions de tonnes de matières brutes (charbons, minerais, bois) dans le monde entier. Le groupe présent dans 25 pays, réalise plus de 85% de son chiffre d’affaires à l’international. A la fin 2007, l’entreprise disposait d’une flotte composée de 230 navires pour les services pétroliers, de 67 remorqueurs et 6 navires pour le transport de Vrac.

INFORMATION FINANCIERE

Pour rappel, le chiffre d’affaires 2007 du groupe s’est élevé à 769.7 millions d’euros, en progression de 26.5%.avec 44.7% pour la division Vrac sous l’effet d’un marché porteur et du niveau élevé des taux de fret BSI (+109% par rapport au taux moyen de l’année 2006). La division Offshore progresse elle de 21.9%notamment grâce à l’augmentation des navires en activité (13 navires de services (supply) et 24 navires de transport de personnels (crewboats) en 2007).

Plus récemment le chiffre d’affaires du 3ème trimestre 2008 est en hausse de 19,5%

(+30,0% à taux de change constant) par rapport au 3ème trimestre 2007 malgré la baisse de 13,1% de la division Vrac du à l’inversion de la tendance dès trois dernières bonnes années.

En effet la forte croissance de l’activité offshore de +43,0%, reflétant la progression attendue de la flotte et l’amélioration des conditions de renouvellement des contrats à échéance à tirer les chiffres vers le haut.

Sur les 9 premiers mois de l’année, la hausse du chiffre d’affaires est de 17,8 % à taux de change courant (+30,6% à taux de change constant).

DIVIDENDES

Le Conseil d’administration a proposé à l’ Assemblée Générale des actionnaires du 30 mai 2008, la distribution d’un dividende de 1 euro par action au titre de 2007.

OBJECTIFS ET PERSPECTIVES

Le plan stratégique à l’horizon 2012 prévoit une croissance annuelle de 17% dont 21 % dans l’offshore, et un programme d’investissements de 2 milliards d’euros pour la période dont 80% sont destinés à la division offshore. Au-delà des turbulences actuelles du système financier international, Bourbon reste confiant sur les perspectives des marchés dans lesquels il opère et confirme donc les objectifs de sa stratégie unique telle que développée dans son plan Horizon 2012 :

1. Offshore

La demande de pétrole à moyen terme devrait rester soutenue, justifiant la confirmation par les compagnies pétrolières de leurs investissements. Ces compagnies disposent de moyens financiers pour ce faire et prennent leurs décisions d’investissements non pas sur le prix instantané du baril mais sur leurs hypothèses du prix moyen du baril à 10 ans. En outre, sa stratégie unique protège Bourbon d’un éventuel risque de marché et se concentre essentiellement sur des champs déjà en production (et non pas des programmes d’exploration) dont le niveau d’activité est indépendant des dépenses d’exploration des pétroliers. En effet cette stratégie s’articule en particulier autour de deux axes :

renouvellement de la flotte dans l’offshore continental via la livraison de 78 navires

– la livraison de 18 navires destinés aux activités d’Intervention, de Maintenance et de Réparation dans l’offshore profond.

L’objectif de croissance de 21% par an sur la période 2008-2012 repose entre autres sur la livraison de 120 navires supply ; ces navires ont d’ores et déjà été commandés auprès de chantiers navals expérimentés dont la solidité financière n’est pas remise en cause à ce jour, et qui ont déjà démontré leur capacité à délivrer des navires innovants et de qualité.

2. Vrac

Les capitaux engagés dans la Division Vrac représentent environ 15% du total des capitaux engagés de Bourbon. La Division Vrac comprend deux segments à rentabilité de type différent :

– d’une part l’activité assurée par les navires détenus en propre par Bourbon à fort EBITDA ; pour cette activité toute variation de prix se traduit par une variation de l’EBITDA ;

– d’autre part, l’activité assurée par des navires que Bourbon affrète sur le marché, qui génère un EBITDA plus modeste ; pour cette activité, en particulier pour les navires affrétés à court terme, il n’y a pas de décalage entre la variation des prix donnés pour les cargaisons et la variation de nos coûts d’affrètement. L’impact de l’évolution des prix sur l’EBITDA est ainsi extrêmement limité.

La stratégie du plan Horizon 2012 consiste à augmenter la part de navires détenus en propre, à plus forte rentabilité ; 16 vraquiers ont ainsi été commandés et le groupe veut donc passer de 20 %de flotte en propriété à 60% en 2012. Dans le cadre de ce plan, Bourbon a retenu des hypothèses de prix nettement inférieures aux prix historiquement élevés connus ces 18 derniers mois ; ce plan conservateur affiche un objectif de rentabilité de 29% (mesurée par le ratio EBITDA/capitaux engagés) à rapprocher des 135% dégagés sur les 6 premiers mois de l’année 2008.

Pour la fin d’année 2008

La Division Offshore bénéficiera de la mise en service de 18 navires et du renouvellement de contrats arrivant à échéance dans un marché de l’offshore qui reste toujours bien orienté. La Division Vrac devrait dégager à nouveau en 2008 un EBITDA d’un niveau exceptionnel et comparable à celui réalisé en 2007.

Pour couvrir son exposition au dollar de la marge réalisée par la division Offshore, Bourbon a mis en place pour l’année 2009 des ventes à terme de dollars, au taux de un euro égal 1,27 dollar

RECOMMANDATION

Depuis le début de l’année, l’action a perdu de 62 %, après avoir connu plusieurs années de hausse. Entre l’effondrement du prix du pétrole et la chute du fret, les investisseurs ont paniqué.

Le baril a chuté sous les 34 dollars, un niveau inédit depuis 2004 alors que l’Opep avait annoncé une baisse record de ses quotas de production et que le dollar subissait une correction sans précédent historique. Cependant, la baisse a été largement accentuée par des considérations techniques liées à la clôture. En adoptant davantage de recul, il est évident que il y a trop de pétrole à très court terme au vu de la crise, mais au rythme où vont les choses la demande à moyen terme n’est pas remise en cause.

L’évolution du groupe est notamment liée au cours du pétrole, cependant le groupe est dans la production, activité avec moins d’incertitude que dans l’exploration. Cette activité dépend directement des projets d’investissement des compagnies pétrolières et selon les données l’industrie pétrolière (onshore & offshore) a besoin d’investir10 trillions USD d’ici 2030.

Les majors et les compagnies nationales conservent une vision à long terme et se concentrent sur la maîtrise des coûts. L’impact de la crise affecte surtout les clients pétroliers « indépendants » qui ne représentent que 11% du chiffre d’affaire de Bourbon.

Ainsi même avec un pétrole bas, grâce à une durée moyenne des contrats de 25 mois, une flotte moderne à forte productivité pour le client, des chantiers solides livrés dans les délais au prix convenu et son bon positionnement en production/maintenance offshore continental et subsea, la division offshore de Bourbon garde de bonnes perspectives de croissance.

En ce qui concerne La division Vrac il est vrai que le Baltic Suprama Index a fortement chuté impactant négativement l’activité. En effet le coût du fret maritime varie avec la quantité de marchandises transportées et le vrac sec constitue habituellement des marchandises précurseurs d’une production (comme le ciment, le charbon ou l’acier), cet indice est aussi vu comme un bon indicateur d’une croissance future de la production. C’est donc logique que la crise a eu un impact sur cette activité là. Il faut néanmoins relativiser car cette activité ne représente à peine le 1/3 de l’activité total et sa part diminue au fur et à mesure que l’offshore augmente. De plus il ne faut pas oublier que cet indice est très volatile.

Son plan stratégique à l’horizon 2012 prévoit une croissance annuelle de 17% mais manifestement, le marché doute des taux de croissance avancés, et craint pour le financement. Cependant tout comme les hedge funds ont spéculé sur le pétrole à la hausse et puis à la baisse, nous pensons qu’ils spéculeront sûrement encore à la hausse en 2009. Nous conseillons alors un achat de la valeur mais pour ceux qui veulent prendre une position moins risqué, tant que la situation sur le prix du baril n’est pas plus pérenne, on peut rester encore à l’écart malgré le niveau de valorisation ; et attendre les chiffres du premier trimestre 2009 pour voir de quelle manière la société résiste, quitte à payer plus cher.

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